Severodonetsk Ukraine 2:48
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avec AFP , modifié à
Les forces ukrainiennes ont indiqué vendredi être à l'offensive dans la région occupée de Kherson (sud), dont elles redoutent une prochaine annexion par la Russie, tandis qu'elles continuent à "tenir bon" dans la ville-clé de Severodonetsk, dans l'est du pays. Europe 1 fait le point sur l'évolution de la situation.
L'ESSENTIEL

Au 107e jour de l'invasion russe de l'Ukraine, les forces ukrainiennes ont indiqué être à l'offensive dans la région occupée de Kherson (sud), dont elles redoutent une prochaine annexion par la Russie. "Notre aviation a frappé des positions russes, des sites où se concentrent équipements et personnel et des dépôts autour de cinq localités de la région de Kherson", a indiqué l'état-major de l'armée ukrainienne sur Facebook. Depuis plusieurs jours, les Ukrainiens font état de combats dans cette région, dont la quasi-totalité est occupée par les troupes russes depuis les premiers jours de l'invasion russe lancée le 24 février.

Les principales informations :

  • Les forces ukrainiennes à l'offensive à Kherson
  • Les autorités locales mises en place par Moscou réclament une annexion
  • La bataille de Severodonetsk de plus en plus meurtrière
  • Macron et Zelensky évoquent l'entrée de l'Ukraine dans l'UE
  • Le président est attendu en Roumanie et Moldavie

Boris Johnson veut libérer deux Britanniques condamnés à morts

Le Premier ministre britannique Boris Johnson est "consterné" par la condamnation à mort de deux Britanniques par des séparatistes pro-russes en Ukraine, a indiqué vendredi Downing Street, disant travailler avec Kiev à leur libération.

Les Britanniques Aiden Aslin et Shaun Pinner et le Marocain Brahim Saadoun, faits prisonniers en Ukraine où ils combattaient pour Kiev, ont été condamnés à mort jeudi pour mercenariat par la justice des autorités séparatistes de Donetsk.

"Le Premier ministre est consterné par la condamnation de ces hommes", a déclaré son porte-parole à la presse, insistant que Londres "soutient l'Ukraine dans ses efforts pour les libérer". "Clairement, ils servaient dans les forces armées ukrainiennes et sont des prisonniers de guerre", et non des mercenaires, a-t-il ajouté, rejetant l'accusation de mercenariat.

Emmanuel Macron en Moldavie et Roumanie

Emmanuel Macron se rendra mardi en Roumanie, pour rencontrer les troupes françaises qui y sont stationnées, puis en Moldavie mercredi afin d'affirmer son soutien à ce pays affecté par la guerre en Ukraine, a annoncé vendredi l'Elysée.

La présidence française a précisé qu'une visite du chef de l'Etat en Ukraine se déroulerait à une date qui n'a pas été encore fixée, au moment où elle sera "utile au président (Volodymyr) Zelensky".

Les autorités locales de Kherson réclament une annexion

Les autorités locales mises en place par Moscou réclament haut et fort une annexion. Un des négociateurs russes sur le conflit en Ukraine a évoqué le 1er juin la prochaine organisation d'un référendum dans les territoires occupés par les Russes sur cette question, qui pourrait avoir lieu en juillet. Un projet qualifié d'"illégal" par Kiev, et qui rappelle le référendum qu'avait organisé la Russie en Crimée en 2014, avant d'annexer la péninsule dans la foulée. Les informations sur ce qui se passe dans cette région - reliée à la Crimée par une bande de terre - sont rares.

Kiev accuse la Russie d'avoir emprisonné 600 personnes

Kiev a accusé mardi l'armée russe d'y avoir emprisonné près de 600 personnes, essentiellement des journalistes et militants pro-Kiev, et de les soumettre à des "tortures". Lors d'un voyage de presse organisé à Kherson par le ministère russe de la Défense fin mai, les habitants rencontrés par l'AFP se muraient dans le silence pour la plupart.

 

Quand Poutine se compare à Pierre le Grand

Le président russe Vladimir Poutine a lui comparé sa politique à celle du tsar Pierre le Grand, qui avait envahi une partie de la Suède ainsi que la Finlande, une partie de l'Estonie et de la Lettonie. "On a l'impression qu'en combattant la Suède, il s'emparait de quelque chose. Il ne s'emparait de rien, il reprenait", a affirmé Vladimir Poutine lors d'une rencontre avec des jeunes entrepreneurs à Moscou. "Apparemment, il nous incombe aussi de reprendre et de renforcer", a ajouté le président russe, semblant faire allusion à l'offensive russe en Ukraine.

 

La bataille de Severodonetsk se poursuit

Dans le Donbass, la bataille pour la ville-clé de Severodonetsk et sa ville jumelle Lyssytchansk continue, de plus en plus meurtrière. "Severodonetsk, Lyssytchansk, et d'autres villes du Donbass, que les occupants considèrent maintenant comme leurs cibles, tiennent bon", a déclaré Volodymyr Zelensky dans une allocution jeudi soir. Mais les combats se poursuivent dans la ville et les bombardements sont constants, a indiqué vendredi Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région. Il a souligné notamment que le Palais des Glaces, un des symboles de la ville, avait été détruit dans un incendie résultant d'un bombardement russe.

Lui qui affirmait il y a trois jours que Moscou s'était fixé pour objectif de prendre la ville d'ici au 10 juin s'est aussi félicité qu'ils n'aient "pas réussi", sur sa messagerie Telegram. Prendre Severodonetsk ouvrirait à Moscou la route d'une autre grande ville du Donbass, Kramatorsk, étape importante pour conquérir l'intégralité du bassin du Donbass, région essentiellement russophone de l'est de l'Ukraine, en partie tenue par des séparatistes prorusses depuis 2014.

La bataille, qui dure depuis plusieurs semaines, est particulièrement meurtrière. Kiev déplore chaque jour "jusqu'à 100 soldats" tués et "500 blessés" dans les combats, a indiqué jeudi le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov. Les Russes eux ne disent rien sur leurs pertes.

Pourquoi les livraisons d'armes à l'Ukraine arrivent au compte-goutte

L'Ukraine pourrait toutefois reprendre Severodonetsk "en deux, trois jours", dès qu'elle disposera d'artillerie occidentale "de longue portée", avait assuré jeudi Serguiï Gaïdaï. Les Ukrainiens, qui en 107 jours de guerre ont épuisé leurs armements de fabrication russe et soviétique selon des sources militaires américaines, ne cessent de réclamer à leurs alliés occidentaux de nouvelles armes plus puissantes. La livraison de systèmes de lance-roquettes multiples - notamment des Himars d'une portée d'environ 80 km, soit légèrement supérieure aux systèmes russes, a été annoncée par Washington et Londres, mais on ignore quand les Ukrainiens pourront commencer à les utiliser.

Si l'armement occidental semble arriver au compte-goutte en Ukraine, c'est parce que les alliés veulent s'assurer que Kiev est capable de l'absorber en toute sécurité et de limiter les risques de bombardement de ses stocks de munitions, expliquent ces sources militaires américaines. "Nous essayons de maintenir un flux constant", a indiqué un responsable militaire américain.

Macron et Zelensky évoquent l'entrée de l'Ukraine dans l'UE

Volodymyr Zelensky a dit avoir évoqué avec Emmanuel Macron l'aide militaire de la France à l'Ukraine, lors d'un échange téléphonique jeudi. Le président français, qui préside aussi l'Union européenne jusqu'au 30 juin, a notamment interrogé le président ukrainien "sur ses besoins" en équipements militaires, y compris "en armes lourdes", a confirmé Paris.

Les deux dirigeants ont aussi évoqué la candidature de Kiev à l'entrée dans l'UE. L'Ukraine espère que les Vingt-Sept lui accorderont, à l'issue d'un sommet les 23-24 juin, le statut officiel de candidat à une adhésion, début d'un processus qui peut durer des années.

Deux Britanniques et un Marocain condamnés à mort

Dans ce contexte, les autorités séparatistes prorusses ont annoncé jeudi la condamnation à mort de deux Britanniques et d'un Marocain. Les Britanniques Aiden Aslin et Shaun Pinner et le Marocain Brahim Saadoun, qui vont faire appel, sont accusés d'avoir participé aux combats comme "mercenaires" aux côtés des Ukrainiens, a annoncé l'agence de presse officielle russe TASS. Après Londres jeudi, le Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme a fait part vendredi de sa préoccupation.

"Depuis 2015, nous avons observé que le soi-disant système judiciaire de ces républiques autoproclamées ne satisfont pas aux garanties essentielles d'un procès équitable (...). De tels procès contre des prisonniers de guerre constituent un crime de guerre", a déclaré une porte-parole, Ravina Shamdasani, depuis Genève.

Réunion entre les chefs d'État de neuf pays d'Europe centrale et de l'Est

Parallèlement, les chefs d'Etat de neuf pays d'Europe centrale et de l'Est (Roumanie, Pologne, Hongrie, Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, République tchèque, Slovaquie) se réunissent vendredi à Bucarest afin de plaider pour un renforcement du flanc oriental de l'Otan, à moins de trois semaines du sommet de l'Alliance, prévu du 28 au 30 juin à Madrid. Malade, le secrétaire-général de l'Otan Jens Stoltenberg n'y participera que par visioconférence.

La flambée des prix des céréales

La guerre a aussi provoqué une flambée des prix des céréales et des engrais, qui devrait avoir pour conséquence en 2022 une hausse dramatique de la facture pour les pays importateurs, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Les exportations de céréales ukrainiennes sont paralysées par le blocage de ses ports par la flotte russe de la mer Noire, et les pays africains et moyen-orientaux sont les premiers menacés par une crise alimentaire.

Le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, président en exercice de l'Union africaine, doit rencontrer vendredi Emmanuel Macron en France, et compte lui demander la levée de sanctions européennes contre la Russie, en particulier l'exclusion de banques russes du système Swift, rouage essentiel des transferts de fonds internationaux, a-t-il dit. Volodymyr Zelensky a lui demandé jeudi l'exclusion de la Russie de la FAO. L'organisation n'a pas immédiatement réagi à cet appel.