Cela fait maintenant deux semaines que le blocus américain du détroit d'Ormuz est en place. L'objectif de Donald Trump était d'asphyxier l'économie iranienne. Le blocus semble porter ses fruits puisque Téhéran perdrait jusqu'à 400 millions de dollars par jour faute de pouvoir exporter son pétrole. L'Iran va donc devoir freiner drastiquement sa production.
Le blocus américain du détroit d'Ormuz a bien des conséquences sur l'économie iranienne. Avant le début du conflit, 90% des exportations iraniennes transitaient par le détroit, au départ de l'île stratégique de Kharg.
Précisément là où se trouve la principale zone de stockage du pétrole qui arrive aujourd'hui à saturation, comme l'explique Thierry Bros, spécialiste des questions énergétiques : "Ils vont pouvoir, pendant quelques jours encore, mettre du pétrole dans ces réservoirs. Quand ils seront complètement pleins, il n'y a pas d'autre solution que de baisser la production de l'équivalent de ce qu'étaient les exportations".
Un accord sur le déblocage du détroit d'Ormuz
Conséquence, Téhéran cherche par tous les moyens à gagner du temps, réhabilitant d'anciens sites de stockage, tentant aussi d'expédier son brut par voie terrestre vers la Chine. Mais le pays pourrait devoir mettre à l'arrêt certains de ses puits de pétrole. Une manœuvre hautement périlleuse.
"Vous pouvez avoir de l'eau qui rentre dans votre réservoir, de la pression qui augmente dans les puits. Quand vous l'avez arrêté, vous n'êtes plus capable de savoir comment l'état du puits va évoluer et c'est ça la grande difficulté".
Signe supplémentaire de la pression exercée sur l'Iran, le régime aurait proposé aux États-Unis un accord centré uniquement sur le déblocage du détroit d'Ormuz, reléguant la question du nucléaire à plus tard.