Malgré la fermeture du détroit d'Ormuz et les tensions autour de la guerre en Iran, le prix du pétrole reste contenu. Après un pic à 126 dollars, le baril de Brent s'est stabilisé autour de 85 dollars. La baisse de la demande mondiale, notamment chinoise, compense la diminution de l'offre.
Les marchés financiers restent étonnamment calmes face aux tensions au Moyen-Orient. Après avoir atteint 126 dollars dans les premières semaines de la guerre en Iran, le cours du baril de Brent n'a que brièvement réagi à la reprise des hostilités et à la fermeture du détroit d'Ormuz.
Le pétrole a bien bondi de 10 % lundi, lors de la séance qui a suivi l'annonce de la reprise des combats. Mais depuis, le baril s'est stabilisé autour de 85 dollars, loin des sommets redoutés par de nombreux experts qui anticipaient un cours supérieur à 150 dollars.
Une offre de pétrole réduite, mais une demande en baisse
Le prix du pétrole dépend principalement de l'équilibre entre l'offre et la demande. Depuis le début de l'année, la fermeture du détroit d'Hormuz a empêché l'acheminement d'environ 1,5 milliard de barils vers les pays importateurs.
En théorie, cette baisse de l'offre aurait dû entraîner une forte hausse des cours. Mais un autre phénomène joue en sens inverse : la demande mondiale ralentit. "Une partie de l'adaptation de la demande a été due à la Chine, qui a fortement baissé ses importations et tire dans ses stocks plus que ce que l'on pensait", explique Thierry Bros, spécialiste des questions énergétiques.
La Chine évite une envolée des prix
La Chine, premier importateur mondial de pétrole, joue un rôle central dans cette stabilisation. Le pays achète habituellement environ 11,5 millions de barils par jour, dont une grande partie transite par le détroit d'Hormuz.
Mais en juin, ses importations ont chuté de plus de 40 %. Une baisse qui limite la pression sur les cours et évite, pour le moment, une forte hausse des prix à la pompe. Le carburant reste cher, autour de 2 euros le litre, mais les automobilistes paient moins qu'en mars et avril, lorsque le baril évoluait entre 110 et 120 dollars.