Guatemala : mort de l'ex-dictateur Efraín Ríos Montt, accusé de génocide

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Le dictateur était arrivé au pouvoir par un coup d'État en 1982 avant d'être renversé l'année suivante.
Le dictateur était arrivé au pouvoir par un coup d'État en 1982 avant d'être renversé l'année suivante. © Johan ORDONEZ / AFP
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Efraín Ríos Montt, ancien dictateur guatémaltèque (1982-1983) est mort dimanche à 91 ans, alors qu'était en cours son procès pour génocide.

Efraín Ríos Montt, ancien dictateur guatémaltèque accusé de génocide et sous le régime duquel (1982-1983) ont été perpétrés les pires massacres en 36 ans de guerre de civile au Guatemala, est mort dimanche à 91 ans, ont annoncé ses avocats. L'ex-dictateur est décédé à son domicile d'un infarctus, a affirmé à la presse l'un des avocats qui l'avait défendu durant son procès, Jaime Hernández.

Mort pendant son procès. L'ex-militaire, accusé d'avoir fait raser des villages mayas durant son régime, est mort alors qu'était en cours son procès pour génocide, qui se déroulait à huis clos. Les médecins lui avaient diagnostiqué une démence sénile et d'autres affections graves. Son état de santé lui aurait permis, en cas de condamnation, de purger sa peine à son domicile ou dans un centre d'accueil choisi par sa famille. L'ancien chef de l'État avait été condamné le 10 mai 2013 à 80 ans de prison pour génocide, mais sa peine avait été annulée par la plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle pour des vices de procédure. Ríos Montt était notamment accusé d'être responsable du massacre de 1.771 indigènes mayas Ixil dans le département de Quiché, dans le nord du pays.

Un passage au pouvoir sanglant. Le dictateur était arrivé au pouvoir par un coup d'État le 23 mars 1982 et avait été renversé par son ministre de la Défense, Oscar Mejía Victores, le 8 août 1983. Bien que bref, son passage au pouvoir est considéré comme l'un des plus violents ayant marqué la guerre civile qui ont ensanglanté le pays, selon un rapport de l'ONU de 1999 confirmant qu'un génocide a été commis au Guatemala. Selon ce rapport, entre 1978 et 1984 ont été commises 91% des violations des droits de l'homme de la guerre civile, qui a fait au total 200.000 morts et disparus.