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Fraude sur des pièces de moteurs d'avion : un ancien directeur condamné à de la prison ferme

[PASCAL PAVANI / AFP]

L’ancien directeur d’AOG Technics a été condamné à près de cinq ans de prison à Londres pour avoir vendu des pièces détachées d’avion avec de faux documents. Cette fraude massive, qui a introduit des dizaines de milliers de pièces suspectes dans l’industrie aéronautique mondiale, a entraîné l’immobilisation d’appareils et des pertes de plusieurs dizaines de millions de livres.

L'ancien directeur de la société AOG Technics a été condamné lundi à Londres à près de cinq ans de prison pour avoir utilisé de faux documents afin de vendre des pièces détachées de moteurs d'avion, une affaire qui avait cloué plusieurs appareils au sol et coûté des millions aux compagnies aériennes.

Jose Alejandro Zamora Yrala, 38 ans, s'est vu infliger une peine de quatre ans et huit mois de prison par la Southwark Crown Court de Londres pour fraude commerciale. Les faits avaient été commis entre 2019 et 2023 via sa société. Des avions au Royaume-Uni et à l'étranger avaient dû être immobilisés en 2023 après des alertes de sécurité émises par les régulateurs britannique, américain et européen à l'attention des compagnies susceptibles d'avoir acheté des pièces d'AOG.

39,3 millions de livres de pertes pour les compagnies aériennes

Pendant environ quatre ans et demi, Jose Alejandro Zamora Yrala "a escroqué les clients et clients potentiels d'AOG Technics en falsifiant la documentation concernant l'origine, la provenance et l'état" des pièces, a déclaré lundi le procureur Faras Baloch. L'audience a révélé que les agissements de Jose Alejandro Zamora Yrala avaient entraîné l'introduction de plus de 60.000 pièces suspectes dans la chaîne d'approvisionnement mondiale du secteur aérien.

Cela a provoqué 39,3 millions de livres de pertes pour les compagnies aériennes, dont American Airlines et Ethiopian Airlines, ainsi que pour des fournisseurs. Jose Alejandro Zamora Yrala Zamora, unique directeur et actionnaire de l'entreprise, avait plaidé coupable en décembre dans cette affaire, où il encourait une peine maximale de 10 ans de prison.

Il avait utilisé son ordinateur personnel pour créer "de fausses notes d'expédition destinées à faire croire qu'AOG achetait ses pièces directement auprès des fabricants", comme le motoriste français Safran, a souligné l'autorité britannique de lutte contre la délinquance financière, le Serious Fraud Office (SFO), dans un communiqué.

Des documents falsifiés

"Les activités d'AOG Technics ont été stoppées en 2023, après qu'une compagnie aérienne a contacté Safran pour vérifier l'authenticité d'une pièce", a-t-il ajouté. Le groupe français avait alors alerté les autorités.

Environ 90% des revenus d'AOG Technics reposaient sur des documents falsifiés, a précisé le procureur. Le juge Simon Picken a estimé lundi que ces agissements constituaient "une atteinte totale au cadre réglementaire conçu pour protéger les millions de personnes qui prennent l'avion chaque jour".

AOG fournissait des pièces pour le moteur d'avion de ligne le plus vendu au monde, le CFM56 - qui équipe aussi bien des Airbus A320 que des Boeing 737 - et pour le moteur d'avion cargo le plus utilisé, le CF6.