Etats-Unis : petite victoire pour un défenseur notoire des sans-papiers

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Ravi Ragbir avait été transféré  à Miami en vue de son expulsion vers Trinité-et-Tobago, où il n'a plus mis les pieds depuis 25 ans.
Ravi Ragbir avait été transféré à Miami en vue de son expulsion vers Trinité-et-Tobago, où il n'a plus mis les pieds depuis 25 ans. © KENA BETANCUR / AFP
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Ravi Ragbir, arrêté la semaine passée, va bénéficier d'une nouvelle audience le 29 janvier prochain.

Un défenseur notoire des sans-papiers new-yorkais, arrêté la semaine dernière en vue d'une expulsion, a remporté une première victoire, la police migratoire américaine ayant accepté de le ramener de Miami à New York en attendant une audience en appel.

Transféré à Miami. Ravi Ragbir, militant et directeur de l'association New Sanctuary Coalition, originaire de Trinité-et-Tobago, avait été interpellé le 11 janvier alors qu'il se présentait à la police de l'immigration pour son rendez-vous annuel. Ravi Ragbir avait été incarcéré et transféré dans la foulée à Miami en vue de son expulsion vers Trinité-et-Tobago, où il n'a plus mis les pieds depuis 25 ans. Des dizaines de sympathisants, y compris plusieurs élus locaux, qui l'avaient accompagné aux portes de son rendez-vous, avaient tenté d'empêcher son arrestation, déclenchant des échauffourées avec la police et une série d'interpellations. 

De retour à New York et une nouvelle audience. Ses avocats ont immédiatement porté plainte et, après une première audience mardi, viennent d'obtenir de la police de l'immigration qu'elle le transfère rapidement dans une prison de l'Etat de New York, plus près de sa femme et de sa famille, a indiqué jeudi l'association sur son site. Une nouvelle audience doit avoir lieu le 29 janvier pour examiner leur contestation sur le bien-fondé de son arrestation même.

Sa femme accuse. L'arrestation de Ravi Ragbir a suscité une vive émotion à New York, ville-symbole du "melting pot" où les défenseurs des clandestins sont légions. Sa femme, Amy Gottlieb, une avocate qui défend elle aussi la cause des migrants, a dénoncé jeudi la décision de la police migratoire de "cibler les militants pro-immigrés", dans une tribune au New York Times, citant trois autres arrestations dans leurs rangs depuis huit jours. Elle a également affirmé que les rendez-vous annuels avec la police migratoire, "autrefois routiniers" étaient devenus "terrifiants" sous Donald Trump, qui a fait vœu de restreindre l'immigration et d'expulser des milliers d'immigrés installés parfois depuis des années aux Etats-Unis.