Après les deux accidents ferroviaires qui ont fait 47 morts en janvier, Pedro Sánchez assure que l’État rendra “justice” si nécessaire et défend un réseau ferroviaire “sûr”. L’opposition réclame des démissions tandis que le gouvernement promet des investissements massifs.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a affirmé mercredi que l’État ferait “justice” si cela s’avérait “nécessaire” dans les enquêtes concernant les deux accidents ferroviaires qui ont causé 47 morts en janvier. S’exprimant pour la première fois devant les députés sur ces drames, il a rappelé que le pays enquêterait “avec rigueur” et informerait “avec transparence”.
Ces catastrophes, survenues à deux jours d’intervalle les 18 et 20 janvier, ont ravivé les critiques sur l’entretien d’un réseau parmi les plus étendus au monde. La droite (Parti populaire et Vox) réclament la démission du ministre des Transports Oscar Puente, et même celle de Pedro Sánchez, déjà fragilisé par plusieurs affaires visant son entourage et deux revers électoraux régionaux.
Le ministère des Transports prévoit 1,8 milliard d’euros d’investissements
Le chef du gouvernement a défendu les “15.700 km” de voies ferrées, dont “4.500 à grande vitesse”, affirmant : “Ce système n’est pas parfait (…) mais il est sûr.” Il a aussi souligné que les investissements ferroviaires avaient “pratiquement triplé” depuis 2018, accusant la droite d’avoir sous‑investi lorsqu’elle dirigeait le pays.
Lundi, à l’ouverture d’une grève des cheminots, un accord a été trouvé entre syndicats et gouvernement pour améliorer maintenance et sécurité. Le ministère des Transports prévoit 1,8 milliard d’euros d’investissements, 3.650 créations d’emplois et un renforcement des dispositifs de sécurité.
"Adamuz a été un crime et pas seulement un accident"
“Il reste du travail à faire (…) et aussi beaucoup à améliorer”, reconnaît Sánchez, promettant d’aller plus loin si les experts le demandent. L’opposition, elle, durcit le ton. Le dirigeant du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, accuse le gouvernement d’avoir “joué à la roulette russe avec (la) sécurité” des Espagnols. Selon lui, “c’était un accident évitable”, évoquant surtout la catastrophe d’Adamuz, qui a fait 46 morts dans une collision à plus de 200 km/h.
Le chef de Vox, Santiago Abascal, est allé plus loin en qualifiant le gouvernement de “calamité” et en affirmant : “Adamuz a été un crime et pas seulement un accident.”