En Turquie, une fin de campagne difficile pour Erdogan

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© Kayhan OZER / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
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Le président turc, candidat à sa succession, pourrait se retrouver en difficulté lors du scrutin de dimanche, handicapé par son bilan économique.

Il compte jeter toutes ses forces dans la bataille. Avant les élections législatives et présidentielles de dimanche en Turquie, Recep Tayyip Erdogan, candidat à sa succession, va tenir une série de sept meetings à travers Istanbul et sa banlieue, visant majoritairement des quartiers populaires acquis à sa cause. Il faut dire que l'enjeu est de taille pour le leader turc, l'issue du scrutin s'annonçant très incertaine.

Une foule peu nombreuse. Vendredi, en milieu de journée, le président-candidat s'apprêtait à prendre la parole au pied d'une grande mosquée des environs d'Istanbul. La foule, plutôt clairsemée, attend que la prière s'achève pour que le discours puisse commencer. Tout autour, le dispositif de sécurité impressionne, avec des tireurs postés sur les hauteurs, jusque sur les minarets.

Une système présidentiel. Parmi les militants, Serdar ne voit pas comment Receip Tayyip Erdogan pourrait perdre cette élection après quinze ans passés au pouvoir, d'abord comme Premier ministre puis comme chef de l'Etat depuis 2014. "Il va rester au pouvoir, et ce sera même encore mieux avec la nouvelle Constitution et le système présidentiel", assure-t-il. "La nation turque n'est pas habituée à une cogestion du pays. Qu'on l'approuve ou pas, seule une personne dirigera le pays".

"C'est lui l'homme fort". Dans l'assistance, les femmes voilées sont séparées des hommes pour celles qui le souhaitent. Ce n'est pas le cas de Şule, mais elle aussi adhère au slogan de l'homme fort pour une grande Turquie. "Les gens doivent comprendre qu'il aime le pays. Il a repoussé les Kurdes en Syrie, il a contré le coup d'Etat en 2016, c'est lui l'homme fort !", martèle-t-elle. Pour ces fidèles de Recep Tayyip Erdogan, le pays va très bien et les difficultés économiques ne seraient qu'une invention de l'opposition.

 

Peut-il détrôner Recep Tayyip Erdogan ? Avec sa verve et sa pugnacité, Muharrem Ince est passé en quelques semaines du statut de trublion de l'opposition à celui de présidentiable capable de rivaliser avec l'homme fort du pays. Selon des analystes, Muharrem Ince pourrait affronter lors d'un deuxième tour le 8 juillet Erdogan dans sa course à la magistrature suprême. Député du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) depuis 16 ans, Muharrem Ince, âgé de 54 ans, est la révélation de cette campagne pendant laquelle il est parvenu à galvaniser une opposition lassée par les victoires électorales successives de Erdogan.

Europe 1
Par Jean-Sébastien Soldaïni, édité par Romain David