EDITO - "Jusqu’au bout, Soleimani aura méprisé la paix, même la paix des cimetières"

, modifié à
  • A
  • A
1:44
© IRIB TV / AFP
Partagez sur :
En Iran, les funérailles du général Soleimani ont tourné à la tragédie. Une bousculade a fait plus de 50 morts et plus de deux cents blessés dans la ville de Kerman, dans le sud-est du pays. Pour Vincent Hervouët, éditorialiste sur Europe 1, "les obsèques, cela peut être le raccourci d’une vie".
EDITO

Plus d'une cinquantaine de personnes ont été tuées dans une bousculade, mardi à Kerman en Iran, lors des funérailles du général Qassem Soleimani, auxquelles participait une foule monstre. L'homme a été abattu par une frappe américaine. L'éditorialiste Vincent Hervouët livre sur Europe 1 sa vision du général Soleimani.

"Les obsèques, cela peut être le raccourci d’une vie… Qassem Soleimani aura servi le régime islamique jusqu’en enfer. Le cercueil a fait escale à Téhéran, à Arfaz, à Qom, à Machad, et enfin Kerman comme une vedette en tournée que partout la foule acclame, au lieu d’être enterré vendredi à Bagdad, avant la tombée de la nuit, dans un linceul tout simple, comme le prescrit la tradition coranique. Rien n’est islamique, tout est politique. Il y a la mise en scène de la douleur, le côté "show off" des chiites avec les pleureuses professionnelles, les tambours des martyrs. Et puis les appels à la vengeance que lancent les meneurs aux figurants, comme les chauffeurs de salle dans les émissions à la télé.

Rien n’est spontané, tout est organisé

Sauf qu’hier, la production a été débordée par la vague humaine. Une bousculade meurtrière avant d’arriver au cimetière. Soleimani a vécu dans la violence. Il entraîne dans la mort plus de 50 anonymes. Il y a un précédent, il y a 30 ans avec l’enterrement de Khomeiny, l’hystérie collective à Téhéran, et déjà douze Iraniens piétinés au cimetière des martyrs. Il y a aussi un contre-exemple, il y a deux ans pile, le 10 janvier. L’inhumation de l’ancien président Rasfandjani. Le chef de file des modérés était l’ennemi de Soleimani et le général était venu exprès et toisait l’assistance, deux millions et demi d’Iraniens en larmes. Jusqu’au bout, cet homme de guerre aura méprisé la paix, même la paix des cimetières".

Europe 1
Par Vincent Hervouët