Au deuxième jour du cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, le détroit d’Ormuz rouvre progressivement sous haute tension. Entre menace de mines, projet de péage contesté et trafic ralenti, les incertitudes persistent autour de ce passage clé du commerce mondial.
Au deuxième jour du cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, le détroit d'Ormuz est étroitement surveillé. De premiers navires ont pu le franchir dès mercredi, mais ils devront par la suite emprunter des routes alternatives. C'est ce qu'ont déclaré ce jeudi les Iraniens, en invoquant la possible présence de mines sur le trajet habituel.
Quant à la question d'un projet de péage, elle est rejetée par de nombreux pays, dont la France. Inacceptable, selon Paris. Une position ferme alors que l'Iran conditionne la réouverture de ce passage au paiement d'une taxe, là où transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial. Concrètement, pourquoi cette idée de péage inquiète-t-elle autant ?
Pas de péage dans un détroit international
Pour Jean-Noël Barrot, c'est une question de principe. Les eaux internationales sont libres et la liberté de navigation ne se négocie pas. La position du ministre des Affaires étrangères est claire : pas de péage dans un détroit international. Pour Paris, faire payer le passage serait illégal et créerait un précédent dangereux pour le commerce mondial. Cette position française est partagée par l'Union européenne
À ce stade, les règles du jeu restent floues. Téhéran évoque un péage sans en fixer les conditions. L'idée, en tout cas, intéresse aussi Washington. Donald Trump semble ouvert à ce dispositif pour financer la reconstruction iranienne.
800 navires attendent encore dans le Golfe
Officiellement, pour le moment, le détroit d'Ormuz est rouvert depuis le cessez-le-feu. Pourtant, la circulation reste au ralenti. Quelques navires seulement ont traversé ces dernières heures, et plus de 800 attendent encore dans le Golfe.
La réouverture est un premier pas, mais sans cadre clair et sans sécurité, les armateurs hésitent à s'engager. Et les compagnies d'assurance refusent souvent de couvrir les trajets. Résultat : le détroit reste, pour l'instant, sous tension maximale.Selon certaines sources maritimes, certains navires ont payé jusqu'à 2 millions de dollars pour passer.