Des milliers de manifestants en Alabama après l'adoption d'une loi très restrictive sur l'avortement

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Les manifestants dénonçaient la loi adoptée la semaine dernière en Alabama.
Les manifestants dénonçaient la loi adoptée la semaine dernière en Alabama. © AFP
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Des milliers de personnes ont manifesté aux États-Unis, dimanche, pour dénoncer la loi adoptée la semaine dernière en Alabama, interdisant toutes les interruptions volontaires de grossesse sauf si la mère court un danger mortel, sans exception pour les cas de viol et d'inceste.

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche dans les rues de plusieurs villes de l'Alabama, dans le sud des États-Unis, contre l'adoption de la loi la plus restrictive du pays en matière d'avortement. A Montgomery, capitale de l'Alabama, quelque 500 défenseurs du droit à l'avortement se sont rassemblés. Environ 3.000 autres ont manifesté à Birmingham, Mobile, Huntsville et Anniston, selon des médias locaux.

A Montgomery, des pancartes proclamaient "son corps, son choix" ou "si les hommes étaient enceints, on avorterait dans les stations-essence". "Si cette loi avait été en vigueur quand j'ai eu besoin d'avorter, je sais que je n'aurais pas été capable d'avoir l'enfant de l'homme qui m'a violée", a confié Sam Blakely, violée à l'âge de 25 ans et qui a avorté voilà deux ans. "Je me serais suicidée". Plusieurs autres femmes étaient vêtues comme les personnages du roman et de la série télévisée La Servante écarlate où des femmes sont forcées d'enfanter. L'une d'elles, Amanda, âgée de 40 ans, a expliqué vouloir "avertir qu'ils essaient de nous transformer en esclaves pour la reproduction".

Une loi qui interdit toutes les IVG sauf si la mère court un danger mortel

Les manifestants dénonçaient la loi adoptée la semaine dernière en Alabama, interdisant toutes les interruptions volontaires de grossesse sauf si la mère court un danger mortel, sans exception pour les cas de viol et d'inceste.
Cette loi assimile l'avortement à un homicide et prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 99 ans de prison pour les médecins. Elle doit entrer en vigueur en novembre mais sera probablement bloquée auparavant par un juge, à l'instar des mesures restrictives sur l'avortement adoptées par d'autres États.

La gouverneure de l'Alabama, Kay Ivey, a reconnu en promulguant mercredi la mesure qu'il s'agissait d'une offensive plus large menée par le camp républicain pour remettre en cause l'avortement au niveau fédéral. L'objectif est de pousser la Cour suprême, dorénavant dominée par le camp conservateur, à revenir sur son arrêt historique de 1973, "Roe vs Wade", garantissant le droit d'avorter tant que le foetus n'est pas viable (vers la 24e semaine de grossesse).

L'avortement illégal à partir de huit semaines dans le Missouri

Le Missouri a également adopté la semaine dernière une loi rendant l'avortement illégal à partir de huit semaines. Six autres Etats (Géorgie, Ohio, Mississippi, Kentucky, Iowa et Dakota du Nord) ont promulgué des lois prohibant l'avortement dès que s'entendent les battements de coeur, à six semaines. Le bras de fer judiciaire s'annonce long et au coeur de la présidentielle de 2020. "Nous devons rester unis et gagner pour la Vie en 2020", a tweeté samedi Donald Trump qui brigue un nouveau mandat.