Dans les douves d'Angkor, des indices de sa fin

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Les historiens débattent depuis longtemps sur l'abandon plus ou moins progressif d'Angkor.
Les historiens débattent depuis longtemps sur l'abandon plus ou moins progressif d'Angkor. © VOISHMEL / AFP
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Une carotte de terre de 70 cm, creusée dans une douve de la cité royale d'Angkor Thom, au Cambodge, a permis à une équipe de chercheurs de remonter dans le temps.

Quand tous les écrits ont disparu dans la moiteur tropicale, et que seuls des murs en pierre restent, comment savoir ce qui a conduit à l'abandon d'une des cités les plus puissantes d'Asie du sud-est, l'ancienne capitale khmer Angkor ?

La cité complètement abandonnée au 15e siècle. Une équipe internationale emmenée par des archéologues australiens et cambodgiens est remontée dans le temps grâce à une carotte de terre de 70 cm, creusée dans une douve de la cité royale d'Angkor Thom, au Cambodge, dont on sait qu'elle a été complètement abandonnée au 15e siècle.

"Le récit historique est vide pour le 15e siècle à Angkor, nous n'avons aucune trace écrite pour nous dire pourquoi, quand et comment ils sont partis", dit à l'AFP l'un d'eux, le géographe Dan Penny, à l'Université de Sydney. L'étude a été publiée lundi dans les compte-rendus de l'Académie nationale des sciences américaine (PNAS).

"Dans les premières décennies du 14e siècle, le déclin commence." La carotte de sédiments sert de "livre d'histoire naturelle ayant enregistré tous les changements dans l'utilisation de la terre, le climat et la végétation, année après année", explique le chercheur. Quand les humains habitent un endroit, ils brûlent du bois, ils érodent le sol et perturbent la végétation. Quand ils s'en vont, les traces changent. Or "dans les premières décennies du 14e siècle, le déclin commence", dit Dan Penny.

A la fin du 14e siècle, la douve sud d'Angkor était envahie par la végétation. "Il en découle que la gestion du sol avait cessé", écrivent les chercheurs. Les historiens débattent depuis longtemps sur l'abandon plus ou moins progressif d'Angkor, certains arguant que la fin avait été brutale, après l'invasion Ayutthaya, en 1431.

"Il n'y a pas eu d'effondrement." La terre dit à l'inverse que la cité avait commencé à décliner un siècle avant, avec le départ progressif des élites royales, religieuses et commerciales. "Il n'y a pas eu d'effondrement, il s'agissait d'une décision délibérée de se détourner d'Angkor", dit Dan Penny, les élites s'installant à la place plus près des centres d'échange du delta du Mékong. D'autres carottes, à ces destinations, en confirmeront peut-être le rythme.