Dans la capitale arménienne, on pleure Charles Aznavour, "le plus grand des Arméniens"

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Charles Aznavour est mort seulement quelques jours avant de rentrer en Arménie, son pays natal, où il devait chanter au Sommet de la Francophonie. À Erevan, la capitale, les habitants sont très touchés par la perte de leur ambassadeur.
REPORTAGE

Si Charles Aznavour était une idole française, il était aussi une icône de la communauté arménienne. Le chanteur, mort à 94 ans dans la nuit de dimanche à lundi, revendiquait haut et fort ses origines. Sa disparition a provoqué une émotion immense dans le pays, où il était censé venir dans une dizaine de jours aux côtés d'Emmanuel Macron, à l'occasion du Sommet de la Francophonie. Europe 1 s'est rendu à Erevan, la capitale arménienne, pour recueillir les hommages des habitants.

"Il a donné l'exemple, le plus beau". Place Charles-Aznavour, en plein centre-ville, le nom du chanteur est gravé en lettres arméniennes sur le sol, désormais enseveli par une montagne de bougies et de fleurs. Samvel est venu déposer un cierge. Face au portrait en noir et blanc du chanteur, il peine à masquer son émotion. "Quand je regarde sa photo, ça me rend triste. Plus je le regarde, plus je me dis que c'est incroyable à quel point il ressemble à un Arménien. Il a vécu toute sa vie hors du pays, mais il a tout d'un local", glisse-t-il au micro d'Europe 1. "On a perdu le plus grand des Arméniens. Il a donné l'exemple, le plus beau. J'aurais tellement aimé que Dieu lui donne quelques jours de plus à vivre. Il les aurait passés ici, chez lui", regrette Samvel.

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"Un déchirement". Pour Charles Aznavour, qui n'a cessé tout au long de sa vie de se définir comme "100% Arménien et 100% Français", le Sommet de la Francophonie à Erevan était un événement hautement symbolique. "Lui seul avait la capacité de faire rayonner à la fois la langue française et la langue arménienne, et de réunir la diaspora et les Arméniens d'ici. C'est un déchirement de ne pas le voir à ce sommet", confie Nara.

"Il a tout donné au peuple arménien". Sévan partage ce regret, et espère aujourd'hui entendre La Bohème ou La Mama dans tous les lieux emblématiques d'Erevan. "J'aimerais vraiment que l'on passe ses musiques partout dans la ville et sur la place de la République. Pour que tout le monde se rappelle, et rende hommage à ce chanteur populaire. Il a tout donné au peuple arménien, on doit le lui rendre", estime-t-il

De son côté, l'Élysée prévoit d'organiser un hommage au chanteur dans le cadre du sommet de la Francophonie, les 11 et 12 octobre prochains, selon les informations d'Europe 1.

Europe 1
Par Hèlène Terzian, envoyée spéciale en Arménie, édité par Anaïs Huet