Cyclone Idai : 300 morts, les secouristes engagés dans une course contre la montre

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Les opérations de secours se poursuivent au Mozambique après le passage du cyclone Idai.
Les opérations de secours se poursuivent au Mozambique après le passage du cyclone Idai. © ADRIEN BARBIER / AFP
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Cinq jours après le passage du cyclone Idai sur le Mozambique et le Zimbabwe, les opérations de secours se poursuivent avec difficultés. De larges zones sont encore inondées et des pluies abondantes sont prévues sur la région.

Au moins 300 personnes, selon un dernier bilan, ont été tuées par le cyclone Idai qui a balayé la semaine dernière l'Afrique australe, où les secouristes redoublent d'efforts pour sauver des milliers de personnes toujours réfugiées sur des arbres et des toits.

Un "désastre majeur" pour le Mozambique et le Zimbabwe. Au Mozambique, pays le plus frappé par les intempéries, "on est déjà à plus de 200 morts", a annoncé mardi le président mozambicain Filipe Nyusi qui a décrété un deuil national de trois jours. Au Zimbabwe voisin, environ une centaine de personnes ont été tuées, mais le bilan pourrait tripler, a prévenu le ministre zimbabwéen du gouvernement local July Moyo. "Il y a des corps qui flottent, certains flottent jusqu'au Mozambique", a-t-il précisé.

Idai "pourrait être le #cyclone le plus meurtrier en Afrique australe" à ce jour, selon l'organisation Care. "Nous parlons d'un désastre majeur", a renchéri le porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Jens Laerke, à Genève.

De larges zones encore inondées. Selon le ministre mozambicain de l'Environnement Celson Correia, dans le centre du pays, une surface d'un rayon de 100 kilomètres est actuellement totalement inondée. Près de 350.000 personnes se retrouvent bloquées dans des zones inondées. Il y a un "océan" dans les terres, isolant complètement des villages, a expliqué une humanitaire qui a requis l'anonymat.

Des pluies prévues et des barrages prêts à céder. Et la situation ne devrait pas s'améliorer car des pluies abondantes sont attendues dans les prochains jours, a prévenu le Programme alimentaire mondial (PAM), qui a commencé à acheminer de l'aide pour plus d'un demi-million de personnes. Pour compliquer la situation, plusieurs barrages menacent de céder au Mozambique, leur capacité approchant du niveau maximum. Le président Nyusi a appelé ses concitoyens qui habitent à proximité de rivières à "quitter la zone pour sauver leur vie". Car les autorités pourraient n'avoir d'autre choix que de procéder à des délestages d'eau.

Des opérations de secours très difficiles. Au Mozambique comme au Zimbabwe, de nombreux ponts et routes ont été emportés par les eaux, compliquant les opérations de secours et l'évaluation des besoins. En bateaux pneumatiques et en hélicoptères, des humanitaires ont continué mardi au Mozambique à secourir des personnes réfugiées sur la cime d'arbres et des toits.

Mais les hélicoptères ne sont pas assez nombreux. "On sauve qui on peut et les autres vont périr", a prévenu Ian Scher, président de l'organisation sud-africaine Rescue SA qui participe aux opérations de secours depuis Beira (centre), la deuxième ville du pays en partie détruite. "On doit prendre des décisions difficiles". Au moins 80 personnes, uniquement des femmes et des enfants, ont été secourues mardi dans la région de Buzi, au sud de Beira, selon Rescue SA.

Un appel à l'aide internationale. L'organisation Amnesty International a appelé la communauté internationale à se mobiliser devant l'ampleur de la catastrophe, mais aussi devant les conséquences du changement climatique. "Alors que les effets du changement climatique s'intensifient, on peut s'attendre à ce que ces conditions climatiques extrêmes se produisent plus fréquemment", a prévenu Amnesty, appelant à "des mesures ambitieuses pour lutter contre le changement climatique".