Coronavirus : les masques de protection sèment la discorde à Bruxelles

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L'Allemagne, la France ainsi que la République tchèque ont annoncé la réquisition de leurs masques de protection, en raison de l'avancée de la propagation du Covid-19 sur leurs territoires. 1:20
L'Allemagne, la France ainsi que la République tchèque ont annoncé la réquisition de leurs masques de protection, en raison de l'avancée de la propagation du Covid-19 sur leurs territoires. © FRED DUFOUR / AFP
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Alors que le coronavirus se propage partout autour du globe, plusieurs États européens, dont la France, ont décidé de réquisitionner les masques de protection. Une positon qui passe mal à Bruxelles, où la Commission européenne prône la solidarité et la coordination entre les États membres de l'Union. Coté français, on parle d’une divergence de méthode.

Le coronavirus va-t-il isoler la France à l'échelle européenne ? Solidarité et coordination sont les mots d’ordre officiels Entre européens, à l'heure où le Covid-19 est présent dans plus de 90 pays et a contaminé plus de 100.000 personnes dans le monde. Mais en pratique, ce n’est pas si simple. La décision prise mardi par Emmanuel Macron de réquisitionner "tous les stocks et la production de masques de protection" fait des vagues à Bruxelles, ou se déroulait se vendredi une réunion des ministres de la Santé des États membres de l'Union européenne.

"Il faut travailler ensemble"

L’Italie, très touchée, est le premier foyer européen du coronavirus. La "botte", qui a fermé tous ses établissements scolaires et universitaires, réclame des masques. Plusieurs pays critiquent donc le choix de Paris, mais aussi de Berlin et de Prague, de ne pas partager les équipements de protection. "Ce n'est pas le moment de prendre des mesures qui pourraient être contraires à la solidarité. Tous les pays ont besoin de matériel pour protéger les soignants alors il faut travailler ensemble", explique Maggie de Block, ministre belge de la Santé. 

"La France ne sera pas exempte de son devoir et de sa volonté de solidarité"

Côté français, on parle d’une divergence de méthode : avant d'expédier des masques, il faut être sûrs qu’ils vont vraiment là où ils sont les plus utiles. "C'est dans l’intérêt de l'Europe de réaliser des cartographies de nos capacités européennes de production de masques, de nos capacités de stockage et des besoins qui doivent être fondés sur les données de la science et de l'expertise", répond Olivier Véran. "Croyez-moi : la France ne sera pas exempte de son devoir et de sa volonté de solidarité. La France l'a toujours fait", affirme le ministre de la Santé au micro d'Europe 1. 

"Nous ne soutenons les réquisitions que si elles aident ensuite à une approche commune", met tout de même en garde la Commission européenne. En attendant une potentielle livraison française ou allemande, l'Italie va recevoir 800.000 masques venant d'Afrique du Sud en deux jours, selon l'AFP. Mais vu l'étendue de la propagation du virus, il lui en faudrait une dizaine de millions pour faire face à la situation.

Europe 1
Par Isabelle Ory, édité par Ariel Guez