Coronavirus : l'Angleterre se dote d'un système de traçage des "cas contacts"

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Le Royaume-Uni est le deuxième pays le plus endeuillé au monde à cause du Covid-19.
Le Royaume-Uni est le deuxième pays le plus endeuillé au monde à cause du Covid-19. © ADRIAN DENNIS / AFP
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Boris Johnson, le premier ministre britannique, a annoncé mercredi que l'Angleterre allait adopter un système de détection des contacts récents des personnes atteintes du Covid-19. Ces "cas contacts" devront respecter un isolement de 14 jours, pour le moment sur la base du volontariat. Environ 25.000 personnes ont été recrutées pour assurer le suivi.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé mercredi le lancement en Angleterre d'un système retraçant les contacts récents des malades du nouveau coronavirus, afin d'accompagner un déconfinement progressif. Dès jeudi, toute personne testée positive au nouveau coronavirus devra communiquer ses interactions récentes à des équipes dédiées du service public de santé (NHS). Les personnes entrées en contact avec un cas positif devront s'isoler durant 14 jours, qu'elles présentent ou pas des symptômes.

Une équipe de suivi de 25.000 personnes

Ces contacts incluent, selon le gouvernement, "des membres du ménage, des personnes avec lesquelles" le malade "a eu un contact direct ou avec lesquelles il s'est trouvé pendant plus de 15 minutes à une distance inférieure à deux mètres".

Quelque 25.000 "traceurs" ont été embauchés pour retracer les contacts de 10.000 malades par jour, une capacité qui pourra être augmentée si nécessaire, afin de contrôler la propagation du virus. L'Irlande du Nord dispose déjà un système de traçage similaire. L'Ecosse et le Pays de Galles vont également lancer chacun le leur.

Une application de traçage également prévue

Le dispositif s'appuiera également à terme sur une application, actuellement testée sur l'île anglaise de Wight et dont le déploiement au niveau national est prévue dans les prochaines semaines. Aucune précision n'a été donnée dans l'immédiat sur l'utilisation de cette application.

Le traçage "est l'outil que d'autres pays ont utilisé pour ouvrir la prison (du confinement), pour garantir que nous puissions aller de l'avant", a déclaré Boris Johnson.

Ce dispositif, au coeur de la stratégie de l'exécutif britannique pour assouplir le confinement en vigueur depuis plus de deux mois, prévoit aussi que toute personne symptomatique pourra désormais être testée, a précisé le ministre de la Santé, Matt Hancock, lors d'une conférence de presse. "Nous pouvons commencer à remplacer le confinement national par des isolements individuels pour ceux qui ont été en contact avec le virus et des actions locales où elles sont nécessaires", a expliqué le ministre. 

La quatorzaine "volontaire" pour le moment

"Cela nous aidera à rétablir certaines libertés fondamentales qui importent tant aux gens et à faire des choses que les gens ont très envie de faire, comme voir des amis et la famille, réserver des vacances ou aller chez le coiffeur. Tout en contrôlant le virus", a-t-il ajouté.

La quatorzaine des "contacts" est "volontaire" mais pourrait devenir obligatoire si nécessaire, a prévenu Matt Hancock, Boris Johson évoquant même d'éventuelles sanctions.

Fermés depuis le confinement décrétés le 23 mars, certaines classes de maternelle et de primaire vont rouvrir le 1er juin, puis les commerces non alimentaires mi-juin.

Le deuxième pays le plus endeuillé au monde

Critiqué pour sa gestion de la pandémie, la lenteur à augmenter les capacités de dépistage et le manque d'équipements de protection pour les soignants, Boris Johnson a promis que le Royaume-Uni disposerait d'ici au 1er juin d'un système de traçage efficace.

Après avoir péniblement atteint l'objectif d'une capacité de 100.000 dépistages quotidiens fin avril, désormais portée à 161.000 selon Matt Hancock, le gouvernement vise désormais 200.000 tests par jour d'ici la fin mai.

Le Royaume-Uni est le deuxième pays au monde le plus endeuillé après les Etats-Unis avec 37.460 morts selon un bilan officiel mercredi (+412 en 24 heures). Le bilan est dépasse les 46.000 morts s'il prend en compte les décès chez des cas suspects.