Liban : la conférence internationale suivie de près à Beyrouth, Macron appelle à "agir vite"

, modifié à
  • A
  • A
Macron Liban 1:32
© Christophe SIMON / POOL / AFP
Partagez sur :
Les partenaires du Liban, réunis en visioconférence dimanche pour fournir une assistance d'urgence au pays après l'explosion qui a ravagé Beyrouth, ont annoncé leur contribution à ce plan d'aide. Co-organisateur de la conférence, avec l'ONU, Emmanuel Macron a appelé la communauté internationale à "agir vite". Des propos qui ont été suivis avec attention par les Libanais.
REPORTAGE

Emmanuel Macron appelle la communauté internationale à "agir vite" pour aider le Liban à panser ses plaies, après la double explosion qui a ravagé sa capitale. Lors d'une réunion en visioconférence, réunissant les partenaires du pays du Cèdre afin de lui fournir une assistance d'urgence, le président français a également mis en garde contre la "violence et le chaos", alors que la colère gronde face à une classe dirigeante discréditée. À Beyrouth, la conférence des donateurs, et les mots d'Emmanuel Macron, ont été suivis de près par les Libanais, dont les attentes sont nombreuses.

"On a besoin de l'aide internationale !"

"L'objectif aujourd'hui est de faire vite avec efficacité et de coordonner notre aide sur le terrain pour répondre très concrètement, dans les prochains jours et prochaines semaines, aux besoin de la population de Beyrouth". Les mots du chef d'État français ont résonné sur le petit poste de télévision installé par Jean sur sa terrasse beyrouthine. Son ancien téléviseur, tout comme les vitres de sa maison, n'a pas résisté à l'explosion

Alors qu'Emmanuel Macron liste les besoins pour le Liban parmi lesquels la santé, l'alimentation, les écoles, ou encore le logement, Manuel, un ami de Jean réagit : "Le discours d'Emmanuel Macron est très important, on a besoin de l'aide internationale, sans ça on ne pourra pas se relever. On doit avoir de l'espoir, c'est tout ce qui nous reste dans ce pays."

Selon le président français, pour agir efficacement, les autorités libanaises doivent aussi lancer des réformes politiques et économiques. "La gestion de l'État libanais a été mal faite, avec une corruption nette et claire", lance Joseph. "Aujourd'hui, c'est comme à l'école : si vous ne faites pas votre travail, on a le bâton et on ne vous donne pas d'argent !"

De nombreuses contributions

Dimanche, plusieurs pays ont dévoilé leur contribution à ce plan d'aide. Paris, qui a mis en place un pont aérien et maritime, va pouvoir envoyer plus de 18 tonnes d'aide médicale et près de 700 tonnes d'aide alimentaire. La France a également dépêché des matériaux de reconstruction et des experts pour identifier les causes de la catastrophe. Du côté, de l'Union européenne, un nouveau financement de 30 millions d'euros a été annoncé "afin de répondre aux besoins les plus pressants" des habitants de Beyrouth, en plus des 33 millions déjà annoncés jeudi.

Pour ce qui est des pays du Golfe, l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a annoncé une aide d'urgence de 50 millions de dollars et indiqué que la contribution "à la reconstruction de Beyrouth" serait fixée "dans les prochains jours". Le Koweit a lui débloqué environ 40 millions de dollars.

Sans donner de chiffres, Donald Trump a annoncé que les États-Unis étaient "désireux de continuer à fournir une aide au peuple libanais", et le Royaume-Uni fournira, lui, une aide de 20 millions de livres, en plus des cinq déjà annoncés pour le soutien d'urgence, notamment via la Croix Rouge britannique.

Ces aides internationales sont attendues avec impatience par la population libanaise. Une seule a du mal à passer : celle d'Israël, l'État hébreu étant encore officiellement en état de guerre avec le Liban. "Les besoins sont là", admet une autre Beyrouthine, au micro d'Europe 1. "Mais pas jusqu'à accepter ce qui vient de l'ennemi".

Europe 1
Par Nicolas Feldmann, édité par Pauline Rouquette avec AFP