Colombie : le président Santos demande à Mike Pence d'exclure une action des États-Unis au Venezuela

, modifié à
  • A
  • A
Colombie, Juan Manuel Santos, Mike Pence crédit : AFP PHOTO / PRESIDENCIA COLOMBIA - 1280
Juan Manuel Santos a exprimé sa désapprobation d'une éventuelle opération armée des États-Unis au Venezuela auprès de Mike Pence © AFP PHOTO / PRESIDENCIA COLOMBIA
Partagez sur :
Donald Trump avait évoqué une "option militaire" pour mettre fin à la crise vénézuélienne, une déclaration qui avait suscité une vague de réprobation à travers l'Amérique latine.

Le président colombien Juan Manuel Santos a demandé dimanche au vice-président américain Mike Pence, en visite en Colombie, d'exclure une intervention militaire des États-Unis au Venezuela, dont le président Donald Trump a évoqué la possibilité.

Pas d'intervention au Venezuela. Juan Manuel Santos donnait une conférence de presse conjointe avec Mike Pence à Carthagène, dans le Nord de la Colombie, après un entretien entre les deux dirigeants. "J'ai dit au vice-président Pence que la possibilité d'une intervention militaire ne doit pas être envisagée", a déclaré le président colombien. "Ni la Colombie ni l'Amérique latine - depuis le Sud du Rio Grande jusqu'à la Patagonie - ne sauraient être d'accord" avec une telle intervention, a-t-il dit.

L'évocation vendredi par Donald Trump d'une "option militaire" américaine dans la crise vénézuélienne a suscité une vague de réprobation à travers l'Amérique latine. "Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire", avait lancé le président américain aux journalistes dans son golf de Bedminster (New Jersey), où il est en vacances.

Une solution pacifique possible, selon Mike Pence. En réponse, Mike Pence a assuré au président colombien que les États-Unis souhaitaient "une solution pacifique" de la crise au Venezuela. Le président Trump "a confiance dans le fait qu'en travaillant avec nos alliés en Amérique latine, nous pourrons parvenir à une solution pacifique de la crise que vit le peuple vénézuélien", a déclaré Mike Pence, selon la traduction en espagnol de ses propos par un interprète.

Poursuite des sanctions. Les États-Unis vont continuer à employer leur "pouvoir politique et économique" contre le gouvernement du président Nicolas Maduro, a ajouté le vice-président américain. "Le Venezuela est sur le chemin de la dictature, et comme l'a dit le président Trump, les États-Unis ne vont pas rester inertes" devant cette situation, a poursuivi Mike Pence. "Nous allons continuer à travailler avec les nations de l'hémisphère jusqu'à ce que la démocratie soit rétablie pour le peuple vénézuélien".

Le vice-président américain a ajouté qu'un objectif de sa tournée en Amérique latine, qui doit après la Colombie le conduire en Argentine, au Chili et au Panama, est précisément d'unir les efforts pour "parvenir au rétablissement de la démocratie au Venezuela par des moyens pacifiques".

Le Venezuela, un pays en crise. La crise politique et institutionnelle au Venezuela s'est encore aggravée avec l'élection, voulue par le président Maduro, d'une Assemblée constituante dotée de pouvoirs très étendus, malgré le boycott de l'opposition et de nombreuses pressions internationales. L'opposition mène depuis quatre mois une campagne de manifestations pour le départ du pouvoir de Nicolas Maduro, très impopulaire selon les sondages, au cours desquelles 125 personnes ont été tuées.