Catalogne : cinq indépendantistes emprisonnés, dont le candidat à la présidence

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Jordi Turull, candidat à la présidence de la région, ne pourra donc plus assister à un débat prévu samedi sur son investiture.
Jordi Turull, candidat à la présidence de la région, ne pourra donc plus assister à un débat prévu samedi sur son investiture. © GABRIEL BOUYS / AFP
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Cinq indépendantistes, dont l'actuel candidat à la présidence de la région Jordi Turull, ont été placés en détention provisoire vendredi, cinq mois après la tentative de sécession en Catalogne.

Cinq indépendantistes catalans, dont l'actuel candidat à la présidence de la région Jordi Turull, ont été placés vendredi en détention provisoire par le juge enquêtant sur la tentative de sécession en Catalogne, a annoncé la Cour suprême espagnole. Des mandats d'arrêt européens et internationaux ont aussi été émis contre six dirigeants indépendantistes inculpés pour rébellion, dont l'ancien président Carles Puigdemont.

Quatre dirigeants déjà emprisonnés depuis plusieurs mois. Outre Jordi Turull, qui ne pourra donc plus assister à un débat prévu samedi sur son investiture, le juge a notamment écroué l'ancienne présidente du parlement catalan Carme Forcadell et trois anciens "ministres" régionaux. Ils rejoindront quatre autres dirigeants emprisonnés depuis plusieurs mois, en lien avec la tentative de sécession organisée en octobre 2017 en Catalogne. Le juge a estimé que le "risque de fuite est élevé, au regard de la peine encourue", a précisé une porte-parole de la Cour. Un des dirigeants convoqués, Marta Rovira, a d'ailleurs elle préféré quitter le pays plutôt que de risquer l'incarcération. Le juge avait auparavant confirmé l'inculpation de tout le noyau dur indépendantiste, pour "rébellion", une charge pouvant déboucher sur des peines allant jusqu'à 30 ans de prison.

Mandats d'arrêts contre six indépendantistes. Le juge a aussi décidé de réactiver les mandats d'arrêt contre Carles Puigdemont et quatre de ses anciens ministres qui s'étaient exilés en Belgique, a annoncé le tribunal. Il a également lancé un mandat d'arrêt européen et international contre Marta Rovira. Le même juge d'instruction avait retiré le 5 décembre les cinq premiers mandats d'arrêt, craignant que la justice belge chargée de les exécuter ne retienne pas les mêmes motifs d'inculpation que lui, ce qui affaiblirait son dossier.

Vers de nouvelles tensions ? Ces incarcérations pourraient entraîner de nouvelles tensions en Catalogne où des comités de quartier - les "Comités de défense de la République" - et la puissante Association nationale catalane (ANC) avaient appelé les militants indépendantistes à manifester vendredi soir.

Cinq blessés légers dans des heurts avec la police

Cinq personnes ont été blessées légèrement vendredi à Barcelone dans des heurts entre policiers et indépendantistes catalans qui manifestaient contre la justice espagnole, a annoncé le service d'urgence de la ville dans un communiqué. "Le service d'urgence médicale a soigné cinq blessés légers ce soir dans la zone de la préfecture", indique le communiqué. Les forces anti-émeutes de la police catalane ont repoussé à coups de matraque des manifestants qui s'approchaient d'eux près de la préfecture. Les manifestants, convoqués par les groupes radicaux Comités de défense de la République, dénonçaient les incarcérations de dirigeants indépendantistes inculpés pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre dernier.