Biélorussie : Loukachenko rejette une médiation étrangère pour régler la crise

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Entre 500 et 700 personnes se sont réunies samedi avec la famille du manifestant mort en début de semaine.
Entre 500 et 700 personnes se sont réunies samedi avec la famille du manifestant mort en début de semaine. © SERGEI GAPON / AFP
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Bousculé par la rue depuis sa réélection le 9 août dernier, le président de la Biélorussie Alexandre Loukachenko s'est entretenu par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine samedi. Dans le même temps, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans la capitale de ce pays pour dénoncer le résultat de l'élection et rendre hommage à l'un des leurs, mort lundi dernier.

Le président de la Biélorussie Alexandre Loukachenko s'est entretenu par téléphone samedi avec son homologue russe Vladimir Poutine selon des informations de l'agence étatique Belta, alors que plusieurs milliers de manifestants étaient à nouveau rassemblés à Minsk, la capitale du pays, pour protester contre sa réélection. "Les présidents ont discuté de la situation en cours à l'intérieur et l'extérieur du Bélarus", a indiqué l'agence sur sa chaîne Telegram, peu de temps après que le président Loukachenko a demandé à s'entretenir avec Poutine pour évoquer la "menace" visant, selon lui, son pays et "toute notre région".

Moscou dénonce des tentatives "d'ingérence étrangère"

"Une agression est en train d'être menée contre le Bélarus. Nous devons contacter Poutine, le président russe, pour que je puisse parler avec lui maintenant", avait auparavant affirmé Alexandre Loukachenko, lors d'une réunion avec des responsables. Depuis le début du mouvement de contestation, le pouvoir biélorusse a reçu le soutien de Moscou qui a dénoncé des tentatives d'"ingérence étrangère" visant à déstabiliser son allié historique, malgré des tensions récurrentes entre les deux pays ces dernières années.

"Nous n'avons pas besoin d'aucun gouvernement étranger, d'aucun médiateur", a de son côté affirmé M. Loukachenko lors d'une réunion gouvernementale, cité par l'agence étatique Belta. Mercredi, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne avaient proposé un plan de médiation prévoyant la création d'un "conseil national" pour régler la crise politique en cours. L'UE veut forcer le président Loukachenko à s'engager sur un plan de médiation en trois points proposé par ses voisins.

La Pologne a préconisé vendredi l'organisation de nouvelles élections. "Elles doivent être équitables, avec des observateurs d'autres pays", a demandé le Premier ministre Mateusz Morawiecki. Minsk s'est dit prêt à un "dialogue constructif" et a commencé à relâcher des centaines de personnes arrêtées depuis lundi. Tous les témoignages dénoncent l'extrême brutalité de la répression menée par les forces spéciales du régime.

La Pologne et la Lituanie soutiennent les opposants biélorusses

La Pologne et la Lituanie ont par ailleurs annoncé une aide aux opposants biélorusses. Le gouvernement polonais a prévu une enveloppe de 11 millions d'euros pour aider les Belarusses à obtenir des visas et financer leur installation en Pologne et pour soutenir les médias indépendants et les organisations non gouvernementales au Bélarus, a annoncé devant le parlement son Premier ministre. Sont également prévues des bourses pour les étudiants bélarusses poursuivant leurs études dans les universités polonaises.

De son côté, la Lituanie a proposé de soigner les manifestants bélarusses blessés au cours des manifestations et suggéré la mise en place d'un fonds de l'Union européenne pour aider "les victimes de la répression".

L'Union européenne sanctionne le pays

Le même jour, l'Union européenne a décidé de sanctionner la répression au Bélarus. "L'UE va maintenant lancer un processus de sanctions contre les responsables des violences, arrestations et fraudes liées à l'élection" présidentielle au Bélarus, a annoncé la ministre des Affaires étrangères suédoise, Ann Linde, à l'issue d'une vidéoconférence avec ses homologues. Une liste de personnes accusées d'avoir organisé et procédé à la répression au Bélarus va être établie et elle sera soumise pour approbation aux Etats membres.

Le Bélarus est toujours sous le coup d'un embargo sur les ventes d'armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression. Quatre personnes sont déjà interdites de séjour dans l'UE et leurs avoirs ont été gelés depuis 2016. Les nouveaux noms s'ajouteront à cette liste.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP