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Jeanne Joulaud (en Turquie) / Crédit photo : METIN PALA / ANADOLU AGENCY / ANADOLU AGENCY VIA AFP
Le sud de la Turquie doit lutter contre plusieurs incendies dans une région déjà durement éprouvée par le séisme de l'hiver dernier, six mois après un tremblement de terre qui a fait plus de 50.000 morts. Les mêmes images des populations à la recherche d'un abri, le même sentiment d'abandon. Les habitants ont l'impression de vivre une nouvelle catastrophe.

Les chaleurs extrêmes touchent également la Turquie. Des incendies se sont déclenchés dans plusieurs villes du pays. Dans le Hatay, région sinistrée par le séisme du 6 février dernier, plusieurs centaines d’hectares ont brûlé et des maisons sont parties en fumée. Pour les habitants, c’est une deuxième catastrophe difficile à supporter.  

"Le tremblement de terre, et maintenant cet incendie..."

Depuis les hauteurs de la ville, Ali regarde sa maison partir en fumée. Ce père de famille s’y était installé après avoir quitté son appartement détruit par le séisme et désespère de voir sa vie une deuxième fois chavirer. "Les flammes ont commencé juste là. Et en 10-15 minutes, toute la forêt a commencé à brûler. C’est terrible… Le tremblement de terre, et maintenant cet incendie", témoigne-t-il.

À côté de lui, une femme assise sur le trottoir se tient la tête entre les mains. Ses yeux sont rougis par la fumée, les cendres et les pleurs. "Ma maison se situe près des flammes, et mon père et ma sœur y sont encore bloqués. Toute ma famille était venue se réfugier chez moi après le séisme. Et maintenant tout cela part en fumée. Avons-nous aucune échappatoire à la mort ?" se demande-t-elle. 

"Plus personne ne nous aide"

Soudain, un groupe s’amasse autour des pompiers. En 30 minutes, seuls deux hélicoptères ont été déployés. Comme après le séisme, beaucoup d’habitants ici se sentent abandonnés. "Nous sommes déjà dans une situation difficile. Nous ne recevons aucun soutien, ni eau, ni nourriture. Nous devons prendre nos douches avec de l'eau sale, infectée par des maladies. Plus personne ne nous aide", lance cette habitante. 

Ce week-end, la barre des 40 degrés a été dépassée dans le sud du pays. Une chaleur difficilement supportable pour les quelque 2,5 millions de sinistrés qui vivent encore sous des tentes.