Attentats en Catalogne : la justice avait annulé une expulsion de l'imam

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L'imam Abdelbaki es Satty aurait utilisé ce bâtiment comme mosquée, à Ripoll. © PAU BARRENA / AFP
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Aux yeux de la justice, l'imam soupçonné d'avoir endoctriné les auteurs des attentats en Catalogne ne présentait pas, en mars 2015, une "menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public".

Un juge espagnol avait annulé en mars 2015 un arrêté d'expulsion contre Abdelbaki Es Satty, l'imam soupçonné d'avoir endoctriné les auteurs des attentats à Barcelone et Cambrils, considérant qu'il n'était pas dangereux, a annoncé mercredi la justice.

Pas une "menace réelle" aux yeux du juge. Un juge de Castellon, ville de l'est de l'Espagne où ce Marocain a purgé une peine de quatre ans de prison pour trafic de drogue, a estimé alors que l'imam avait démontré ses "efforts d'intégration dans la société espagnole", précise la justice dans un communiqué, qui confirme une information du journal El Mundo. Le juge relevait qu'il n'avait commis qu'un seul délit, travaillait et ne représentait pas à ses yeux une "menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public".

Abdelbaki Es Satty, 44 ans à sa mort mercredi dernier, a vécu plusieurs années à Ripoll, petite ville au nord de la Catalogne dont sont originaires la plupart des membres de la cellule soupçonnée d'avoir préparé et commis les attentats. Tué dans l'explosion accidentelle de la planque où cette cellule préparait des explosifs à Alcanar, il est soupçonné d'avoir radicalisé les auteurs des attentats, souvent issus de fratries et parfois très jeunes. Un des suspects des attentats ayant survécu à l'explosion a déclaré devant la justice que l'imam voulait commettre un attentat suicide.

À Ripoll, son colocataire, rencontré par Europe 1, avait décrit un homme "qui n'avait pas de problèmes", qui "était musulman, mais en parlait peu". Abdelbaki Es Satty s'est également rendu à plusieurs reprises en Belgique, des billets d'avion pour Bruxelles ayant été retrouvés dans les ruines de la maison explosée à Alcanar, à 200 km au sud de Barcelone, et sa présence à Machelen, près de Bruxelles, pendant trois mois début 2016, a été confirmée par des élus locaux.