L'ESSENTIEL - Attentats au Sri Lanka : un Français parmi les victimes

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Le Sri Lanka traquait lundi les responsables de la vague d'attentats suicides qui ont fait 290 morts la veille.
Le Sri Lanka traquait lundi les responsables de la vague d'attentats suicides qui ont fait 290 morts la veille. © AFP
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Le bilan des attentats qui ont frappé le Sri Lanka dimanche a été revu à la hausse avec près de 300 morts. Un Français se trouve parmi les victimes. 
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Le Sri Lanka traquait lundi les responsables de la vague d'attentats suicides qui ont fait 290 morts la veille dans l'île d'Asie du Sud, dans un déchaînement de violence imputé par les autorités à un mouvement islamiste local. Alors que les attaques n'ont toujours pas été revendiquées, la présidence du pays de 21 millions d'habitants a déclaré l'état d'urgence à partir de lundi minuit au nom de la "sécurité publique". 

Les informations à retenir :

  • Le bilan des attentats s'alourdit à 290 morts et 500 blessés
  • Un Français figure parmi les victimes
  • Le gouvernement sri-lankais incrimine un mouvement islamiste local, le National Thowheeth Jama'ath

Près de 300 morts, dont un Français 

Le bilan de la vague d'attentats suicides du dimanche de Pâques au Sri Lanka s'est alourdi lundi à 290 morts et 500 blessés. Un Français figure parmi les victimes, ont annoncé lundi soir les autorités locales. Au moins 31 étrangers ont été identifiés comme tués, d'après le ministère des Affaires étrangères. Mais, de son côté, la police locale a établi à au moins 37 le bilan des tués étrangers, alors que le processus d'identification des victimes s'avère compliqué.

Parmi les nationalités les plus touchées, l'Inde paie le tribut le plus lourd avec huit citoyens tués, suivie de la Grande-Bretagne avec six morts. Au moins quatre Américains ont été également tués et plusieurs autres ont été grièvement blessés. La Chine, l'Arabie saoudite et la Turquie comptent deux victimes chacune, contre une pour la France, le Bangladesh, le Japon, les Pays-Bas, l'Espagne et le Portugal. "De plus, 14 étrangers sont portés disparus actuellement, et pourraient être parmi les victimes non identifiées" à la morgue, a ajouté le gouvernement.

Un groupe islamiste local à l'origine des attaques ?

Alors que les attaques n'ont toujours pas été revendiquées, le gouvernement sri-lankais a incriminé lundi un mouvement islamiste local, le National Thowheeth Jama'ath (NTJ). Le porte-parole du gouvernement a indiqué avoir toutefois "du mal à voir comment une petite organisation dans ce pays peut faire tout cela". "Nous enquêtons sur une éventuelle aide étrangère et leurs autres liens, comment ils forment des kamikazes, comment ils ont produit ces bombes", a-t-il ajouté. Le NJT avait fait il y a dix jours l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle le mouvement préparait des attentats contre des églises et l'ambassade d'Inde à Colombo.

Le NJT s'était fait connaître l'an passé en lien avec des actes de vandalisme contre des statues bouddhiques. Il avait aussi fait il y a dix jours l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle il préparait des attentats suicides contre des églises de la minorité chrétienne et l'ambassade d'Inde à Colombo. Les autorités sri-lankaises ont annoncé l'arrestation de 24 personnes et indiqué que le FBI américain les assistait dans leur enquête. Des agents d'Interpol doivent également arriver mardi dans le pays.

Un nouveau couvre-feu et l'état d'urgence

Le gouvernement du Sri Lanka a décrété un nouveau couvre-feu dans la nuit de lundi à mardi. Il prendra effet à 20h (heure locale) lundi soir et sera en place jusqu'à 4 heures mardi matin (soit 16h30 lundi et 00h30 mardi à Paris), selon le service d'information du gouvernement. Face à la vague d'attaques dimanche, les autorités avaient décrété un premier couvre-feu, qui a été levé à 6 heures locales lundi matin (2h30 à Paris). Pour limiter la fréquentation de la voie publique, le pays de 21 millions d'habitants a déclaré deux jours fériés. Les écoles et la bourse de Colombo restaient fermées. De nombreux Sri-Lankais devaient toutefois se rendre au travail.

Par ailleurs, l'état d'urgence a été déclaré lundi à partir de minuit (heure locale), soit 20h30 à Paris. Les voyageurs en partance pour le Sri Lanka et les touristes sont également appelés à la prudence et au respect des couvre-feu imposés.

Des détonateurs découverts

La police sri-lankaise a découvert lundi 87 détonateurs dans une gare de bus de Colombo, située à mi-chemin des hôtels haut de gamme du front de mer et de l'église Saint-Antoine, sites d'attentats dimanche. "La police a trouvé 12 d'entre eux éparpillés sur le sol et plus tard fouillé une décharge où 75 détonateurs supplémentaires ont été trouvés", ont précisé les forces de l'ordre.

Une explosion s'est aussi produite lundi lors d'une opération de déminage à proximité de cette même église Saint-Antoine, provoquant un mouvement de panique. Elle s'est produite avant que les démineurs n'aient fini leur travail sur un "engin explosif" et n'a fait aucun blessé, a précisé la police dans un second temps.