Ce samedi soir, un véhicule de type "minivan ou petit SUV" a foncé dans la foule lors de la gay pride, à Berlin, faisant un mort et 16 blessés. Le pronostic vital est engagé pour trois personnes. Le conducteur, identifié comme étant proche du "milieu islamiste", s'est échappé, abandonnant le véhicule. L'homme a été abattu, dimanche soir, par la police.
Un véhicule a percuté la foule en marge de la gay pride de Berlin samedi soir, faisant un mort et 16 blessés dont 11 graves, la police évoquant un suspect lié au "milieu islamiste", et le maire de la capitale dénonçant une "attaque contre notre société libre".
Dominik Pretz, porte-parole des pompiers berlinois, a fait état de "17 personnes blessées, dont une personne décédée sur les lieux de l'intervention". Le pronostic vital est engagé pour trois des 16 blessés, a-t-il précisé, ajoutant que 30 témoins des événements, sous le choc, ont par ailleurs été pris en charge sur les lieux.
Le suspect, d'abord en fuite, a été abattu par la police
Selon le porte-parole de la police Florian Nath, le véhicule impliqué a été abandonné sur place, dans le parc Tiergarten, secteur boisé de la capitale où se termine le défilé. Le lieu de l'impact se trouvait toutefois à plusieurs centaines de mètres du coeur des festivités, situé devant la célèbre porte de Brandebourg, où des concerts se sont tenus depuis vendredi.
Le véhicule en question, "de type minivan ou petit SUV", a été complètement déformé par le choc, a déclaré Florian Nath. Des effectifs "très importants" comprenant des policiers de plusieurs autres régions allemandes venus en renfort ont été déployés, a-t-il poursuivi.
Un suspect, "identifié" serait lié "au milieu islamiste", a indiqué un porte-parole de l'institution. Depuis samedi matin, plus de 2.200 policiers, selon lui, étaient mobilisés pour sécuriser la marche des fiertés, appelée Christopher Street Day (CSD) en Allemagne, qui rassemble chaque année des centaines de milliers de personnes dans la capitale allemande connue pour la richesse de sa vie nocturne et de sa scène queer.
Dans la soirée de ce dimanche 26 juillet, le djihadiste présumé a été tué au cours d'une opération de police dans le quartier berlinois de Spandau, ont annoncé les forces de l'ordre.
"Selon les informations dont nous disposons à ce stade, (le suspect) aurait couru en direction de nos forces d'intervention muni d'une arme blanche". Les membres de "(l'unité spéciale) SEK-Berlin ont alors fait usage de leurs armes à feu", a indiqué la police de Berlin sur X. "Malgré les mesures de réanimation immédiatement entreprises par les pompiers (...), l'homme est décédé sur les lieux", selon la police.
C'est l'un des plus grands défilés du genre en Europe, un rendez-vous populaire qui rassemble au-delà de la communauté LGBT et incite de nombreuses organisations et entreprises à s'y montrer.
Une "attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde"
La fin des festivités, mêlant concerts et stands de fête foraine, a été annulée, les organisateurs demandant aux participants de rentrer chez eux. Des dizaines de camions de secours, pompiers ou de police étaient visibles et une tente a été dressée au milieu de l'axe routier, a constaté l'AFP.
Les faits se sont produits peu avant 22H00 (20H00 GMT), à une heure où une grande partie des participants avaient déjà quitté le secteur. Le maire de Berlin Kai Wegner a évoqué une "attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde".
"Le rassemblement pour un Berlin tolérant et pacifique a été pris pour cible de la manière la plus brutale qui soit", a estimé l'élu conservateur, qui avait plus tôt participé au défilé. Le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a lui aussi employé le terme d'"attaque".
Le chancelier Friedrich Merz et son ministre de l'Intérieur "s'engageront avec une détermination particulière pour faire toute la lumière sur cet acte abominable et en assurer la sanction", a déclaré un porte-parole du gouvernement.
Le drame s'est produit à deux mois des élections à Berlin, à la fois ville et région, pour lesquelles M. Wegner a renoncé à se représenter. Les sondages donnent la CDU du chancelier Merz au coude-à-coude avec l'extrême droite et la gauche radicale.
Une "attaque terroriste islamiste"
"Tout indique" que l'attaque en marge de la gay pride de Berlin était "un attentat terroriste islamiste", a affirmé, ce dimanche, le ministre allemand de l'Intérieur Alexander Dobrindt.
"Tout ce que nous voyons ici indique que nous avons affaire à un attentat terroriste islamiste", a déclaré lors d'une déclaration sur place le ministre, revoyant à la hausse le bilan avec 29 blessés et donnant le nom complet du principal suspect en fuite, Abdul Ballout.
Une attaque qui en rappelle d'autres en Allemagne
En février 2025, à l'avant-veille des législatives, un touriste espagnol avait été poignardé au Mémorial de l'Holocauste situé tout près de là. Un jeune Syrien a été condamné début mars à 13 ans de prison pour cette attaque à motivation jihadiste qui, parmi d'autres commises par des étrangers, a alimenté l'essor de l'extrême droite allemande.
À l'extrémité sud du Tiergarten, en décembre 2016, un Tunisien avait tué 12 personnes en fonçant à bord d'un camion sur un marché de Noël, là aussi une attaque à motivation jihadiste.
Pour une autre attaque à la voiture-bélier commise contre un marché de Noël, celui de Magdebourg (est), qui avait fait 6 morts et plus de 300 blessés fin 2024, un psychiatre saoudien a été condamné à la prison à vie fin juin.
Début mai, un Allemand de 33 ans a été interné en hôpital psychiatrique après avoir fauché des passants dans une rue piétonne du cœur de Lepzig, toujours dans la partie orientale du pays, faisant deux morts et six blessés.