Le parti allemand de droite radicale a remporté dimanche les élections régionales en Saxe-Anhalt, sans susciter de réaction publique du RN. Les deux formations, autrefois alliées au Parlement européen, ont rompu leurs liens en 2024 après plusieurs polémiques visant l'AfD.
Une ascension que le Rassemblement national ne cautionne pas. Dimanche 6 septembre, le parti de droite radicale allemand Alternative für Deutschland (AfD) a remporté, lors des élections régionales, le Land de Saxe-Anhalt. "Nous avons écrit l'Histoire", a lancé le candidat vainqueur Ulrich Siegmund.
Mais cette victoire n'a suscité aucune réaction publique du Rassemblement national, ancien allié de l'AfD. Le parti à la flamme a pris ses distances avec la formation allemande avant de rompre totalement ses liens en 2024.
De la "remigration" aux soupçons d'ingérence étrangère
En janvier 2024, la révélation de la participation de plusieurs membres de l'AfD à une réunion de l'ultradroite allemande, organisée deux mois plus tôt à Potsdam, avait provoqué un tollé. Les participants y avaient notamment discuté d'un projet de "réémigration" visant des étrangers, mais aussi des citoyens allemands considérés comme insuffisamment assimilés.
Face aux critiques en Allemagne, mais également de Marine Le Pen, la coprésidente du parti allemand, Alice Weidel, s'était rendue à Paris en février pour déjeuner avec la dirigeante du RN. Une rencontre destinée à apaiser les tensions entre les deux formations.
Au printemps de la même année, plusieurs scandales avaient à nouveau éclaboussé l'AfD. En avril, deux enquêtes préliminaires avaient été ouvertes concernant Maximilian Krah, alors tête de liste de l'AfD pour les élections européennes, pour des soupçons de paiements provenant de sources russes et chinoises. L'un de ses assistants au Parlement européen, Jian Guo, venait alors d'être arrêté, soupçonné d'espionnage au profit de la Chine.
Une sortie qui n'est pas passée pour le RN
En mai 2024, l'une des figures du parti, Björn Höcke, avait été condamné à 13.000 euros d'amende pour avoir utilisé un slogan nazi lors d'un meeting en 2021. Il avait également qualifié le mémorial de l'Holocauste à Berlin de "mémorial de la honte" et appelé à un "changement à 180 degrés" de la culture du souvenir en Allemagne. Des propos qui ont contribué à faire de lui l'une des figures les plus controversées de l'AfD, dont certaines structures régionales sont surveillées par les services de renseignement intérieur allemands.
Le même mois, une sortie de Maximilian Krah avait précipité la rupture. Il avait déclaré qu'un membre de la SS (Schutzstaffel) "n'est pas automatiquement criminel", dans un entretien au quotidien italien La Repubblica. Après cette sortie, Jordan Bardella avait ainsi annoncé que les députés européens de son parti ne siégeraient pas aux côtés de l’AfD au Parlement européen. Il a été ensuite exclu du groupe Identité et Démocratie (ID), devenu désormais le groupe Patriotes pour l'Europe.