Allemagne : à Chemnitz, les néonazis font la "chasse" aux étrangers

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Des milliers de sympathisants d'extrême droite ont manifesté lundi soir à Chemnitz, au lendemain d'une "chasse collective" aux immigrés. Un rassemblement sous très haute tension.

Ce sont des scènes que l'on ne pensait plus jamais voir en Allemagne. 48 heures après la mort d'un Allemand de 35 ans, poignardé dans une rixe impliquant entre autres un Syrien et un Irakien, les manifestations d'extrême-droite se succèdent à Chemnitz, à l'est du pays. Dimanche soir, sous couvert d'"hommages à la victime", des néonazis ont pris en chasse des étrangers dans les rues. Et lundi en fin d'après-midi, plusieurs milliers de sympathisants extrémistes ont pris possession du centre-ville, à l'appel du mouvement populiste et anti-islam Pegida.

Des saluts nazis. La situation a dérapé dès les premières instants du rassemblement. Certains manifestants, venus avec des armes de poing et des gants de combat, n'ont pas hésité à provoquer les contre-manifestants, parqués à une centaine de mètres. Les forces de l'ordre ont fait état de "plus de cent personnes qui se sont dissimulées le visage", d'autres arrachant des pierres, et de certaines faisant le salut hitlérien, ce qui est formellement interdit en Allemagne.

>> De 5h à 7h, c’est Debout les copains ! avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Une foule vociférante. La trentaine de policiers chargés de contenir la foule sur la place a rapidement été débordée. "Ça n'a pas l'air du tout d'une situation sous contrôle", commentait en direct sur Internet le journaliste Felix Uzman, présent lors du rassemblement. Sur les images diffusées par les médias allemands, on voit une foule vociférante s'engouffrer au pas de courses sur le boulevard principal, dans un climat d'impunité totale. "C'est absolument impossible pour la police d'arrêter ceux qui commettent des infractions", raconte un autre reporter allemand. 

Des blessés. À la nuit tombée, la police de cette ville de l'ex-RDA dénombrait les premiers blessés, mais n'a fourni aucune précision sur leur nombre ou la gravité de leur état. Avec seulement 300 hommes déployés dans la rue, elle a toutefois admis n'avoir jamais rien pu contrôler, lundi soir à Chemnitz. Pour rappel, la Saxe ne compte que 4,4% d'étrangers. Les néonazis, eux, y sont fortement implantés.

Europe 1
Par Hélène Kohl, édité par Anaïs Huet