Algérie : Abdelkader Bensalah nommé président par intérim

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Abdelkader Bensalah
Abdelkader Bensalah © AFP
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Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation, a été nommé mardi président par intérim pour 90 jours lors d'une réunion du Parlement algérien. 

Une semaine après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, le Parlement algérien a nommé mardi, comme prévu par la constitution, Abdelkader Bensalah président par intérim, malgré le rejet par la rue de ce pur produit du régime. Cette décision est conforme à ce que prévoit la Constitution, mais va à l'encontre de ce que réclament les Algériens qui continuent massivement à manifester pour réclamer le départ de l'ensemble du "système" Bouteflika, dont Abdelkader Bensalah est issu.

"Dégage Bensalah !". Mardi, des milliers d'étudiants ont crié "Dégage Bensalah!" et "Système dégage", devant la Grande poste, dans le centre d'Alger. La police a tiré des grenades lacrymogènes et fait usage de canon à eau pour les disperser mais les manifestants étaient encore présents en fin d'après-midi, encerclés par les forces de l'ordre.

C'est la première fois en sept semaines que la police tente de disperser ainsi une manifestation d'étudiants dans la capitale algérienne. Le pays est secoué depuis le 22 février par une vague massive et inédite de contestation, qui a mené à la démission d'Abdelaziz Bouteflika le 2 avril, après vingt ans de règne.

90 jours d'intérim. Comme le prévoit la constitution, les parlementaires de l'Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse) et du Conseil de la Nation se sont réunis mardi. Le rapporteur de la commission parlementaire mixte a lu un rapport en plénière où il est dit que, selon l'article 102, le Parlement confirme la vacation du poste de président et que le président du Conseil de la Nation assume les fonctions de chef d'État pour une durée de 90 jours.

Durant cette période, une élection présidentielle, à laquelle Abdelkader Bensalah ne pourra être candidat, doit être organisée. "Je vais travailler à concrétiser les intérêts du peuple", a réagi Abdelkader Bensalah devant le Parlement. "C'est une grande responsabilité que m'impose la Constitution", a ajouté cet homme qui a occupé les fonctions de député, ambassadeur, haut fonctionnaire ministériel, sénateur, et a présidé les deux chambres du Parlement.