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Accident ferroviaire en Espagne : la piste d'une erreur humaine privilégiée, les agents du centre de contrôle interrogés

Au lendemain de la collision entre deux trains à grande vitesse près de Tolède, l'Espagne observera trois jours de deuil national. [Oscar DEL POZO / AFP]

Au lendemain de la collision entre deux trains à grande vitesse près de Tolède, l'Espagne observera trois jours de deuil national. Alors que le bilan provisoire s'élève à 68 morts et 108 blessés, les enquêteurs s'intéressent à une possible erreur humaine au sein du centre de contrôle ferroviaire. 

L'Espagne sous le choc. Trois jours de deuil national ont été décrétés, de jeudi à samedi, après la collision entre deux trains à grande vitesse survenue mercredi matin près d'Urda, dans la région de Castille-La Manche, à environ 150 kilomètres au sud de Madrid. Le bilan, toujours provisoire, s'élève à 68 morts et 108 blessés. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de cette catastrophe ferroviaire. 

Et la piste d'une erreur humaine semble désormais se dessiner. Les enquêteurs espagnols s'intéressent particulièrement au centre de contrôle chargé de réguler le trafic ferroviaire sur la ligne Madrid-Séville, où une succession d'événements pourrait expliquer le drame. 

17 minutes avant la collision 

Tout commence vers 8h30 ce mercredi matin. Le système de signalisation et de sécurité tombe en panne, entraînant l'arrêt des six trains présents dans le secteur. Quelques minutes plus tard, le centre de contrôle autorise un train de la compagnie publique Renfe à reprendre sa marche à une allure normale. 

Une décision que le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, juge inexplicable. "C'est le centre de contrôle, par l'intermédiaire de ses opérateurs, qui a pris la décision de reprendre la marche dans des circonstances qui, de notre point de vue, sont inexplicables", a-t-il déclaré. 

"Ce train ne pouvait pas reprendre sa marche normalement étant donné que le circuit de voie était également occupé par le train Iryo", a poursuivi le ministre. Pendant 17 minutes, le train de la Renfe parcourt ainsi 25 kilomètres avant de percuter de plein fouet l'arrière d'un autre train à grande vitesse, appartenant à l'opérateur privé Iryo, toujours immobilisé sur la même voie.  Selon les premiers éléments de l'enquête, aucun agent du centre de contrôle ne se serait aperçu, durant ces 17 minutes, que le train Iryo bloquait toujours la circulation. 

Les enquêteurs de la Guardia Civil cherchent désormais à comprendre pourquoi la circulation a été autorisée à reprendre normalement alors qu'un train était toujours à l'arrêt. Depuis mercredi après-midi, les employés présents au centre de contrôle au moment de l'accident sont interrogés afin de retracer précisément les décisions prises avant la collision et de déterminer les éventuelles responsabilités.