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Deux accidents meurtriers à 10 mois d'écart : pourquoi le réseau ferroviaire espagnol est-il si accidentogène ?

[BURAK AKBULUT / ANADOLU / Anadolu via AFP]

L'Espagne connaît un nouveau drame ferroviaire, après la collision entre deux trains au sud de Madrid ce mercredi. Des dizaines de personnes sont mortes dans la catastrophe, rappelant de douloureux souvenirs aux Espagnols qui ont connu un autre accident de ce type début janvier. Mais pourquoi le réseau ferroviaire espagnol est-il si accidentogène ? Europe 1 s'est penchée sur la question.

Nouveau drame en Espagne. Ce mercredi, un accident entre deux trains sur une ligne à grande vitesse a eu lieu à environ 150 kilomètres de Madrid. Selon un dernier bilan provisoire, au moins 64 personnes ont perdu la vie et 80 autres ont été blessées. 

Selon les premiers éléments, la collision a eu lieu "à 08h54" heure locale entre "deux trains, l'un de l'opérateur privé Iryo et l'autre de la compagnie nationale Renfe", près de la station d'Urda, dans la région de Castille-La-Manche. Un train était à l'arrêt lorsqu'un autre l'a percuté par l'arrière. Au moins 500 passagers se trouvaient à bord des deux trains.

Ce triste accident en rappelle plusieurs autres, comme celui d'Adamuz, près de Malaga, en janvier dernier, lorsqu'un train avait déraillé sur les voies puis avait été percuté par un autre arrivant dans l'autre sens, tuant 46 personnes. Mais comment expliquer la multiplication de ces accidents sur le réseau espagnol ? Europe 1 fait le point. 

Un immense réseau... vétuste ?

Avec 4.000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et l'une des fiertés du pays. Pourtant, la catastrophe de janvier avait souligné des défaillances structurelles autour de l'infrastructure, notamment des rails abîmés, avec une entaille de 30cm qui avait fait dérailler alors des voitures d'un des trains impliqués.

Des voies fatiguées qui pourraient s'expliquer par une augmentation du trafic. Depuis l'ouverture à la concurrence, le trafic a augmenté de près de 30%. 

Un point à souligner, alors que l'Espagne a un problème majeur autour de la question de l'entretien de son réseau. Le pays ibérique alloue environ 16% de son budget ferroviaire à la maintenance, contre le double en France. Les choix technologiques pour surveiller la bonne santé des voies est aussi à interroger. Là où la France a fait le choix de laisser un courant électrique passer dans les rails, et lorsqu'un rail se fissure, le freinage d'urgence des trains est déclenché, en Espagne, le réseau espagnol repose sur des balises espacées de plusieurs dizaines voire centaines de mètres.

Une erreur humaine ?

Lorsqu'un train passe au-dessus de la balise, il échange alors des données avec cette dernière pour faire un point sur l'état du réseau. Après l'accident d'Adamuz, le gouvernement a promis 1,8 milliard d'euros d'investissements dans la maintenance de l'infrastructure ferroviaire.

Enfin, l'erreur humaine est aussi sur la table pour le drame de ce mercredi. Selon les premières hypothèses révélées par El Pais, une panne de signalisation aurait bloqué huit trains sur les rails. Un agent du gestionnaire de réseau aurait ensuite contacté le conducteur du train Renfe, l'autorisant à reprendre sa route à la vitesse maximale. Il percutera peu après l'arrière du train Iryo, toujours arrêté sur les voies.