La FAO veut "éradiquer la faim dans le monde"

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Dans la déclaration finale adoptée dès lundi, la date-butoir pour y parvenir, 2025, a toutefois été supprimée du projet initial.

Snobés par les dirigeants du G8, les chefs d'Etat et de gouvernement réunis pour un sommet de la FAO (Organisation des Nations unies pour la faim et l'alimentation) à Rome, se sont engagés lundi à "éradiquer la faim dans le monde", qui touche plus d'un milliard d'êtres humains. Pour autant, ils ne se sont pas fixé de délai.

Dès l'ouverture du sommet dans la matinée, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a égréné une série de chiffres dramatiques : "Aujourd'hui, plus de 17.000 enfants vont mourir de faim. Un toutes les cinq secondes. Six millions par an. Ceci n'est pas acceptable. Nous devons agir".

"Il nous faut effectuer des changements significatifs pour pouvoir nous nourrir et en particulier pour protéger les plus pauvres et les plus vulnérables", a expliqué Ban Ki-moon, en soulignant que pour assurer le minimum nécessaire pour plus de 9 milliards d'humains - en 2050 - il faudra accroître la production alimentaire de 70%.

Dans une déclaration finale adoptée dès la première matinée des travaux, les participants se sont engagés à "éradiquer la faim dans le monde", mais la date-butoir pour y parvenir, 2025, a été supprimée du projet initial.

Les pays membres de la FAO avaient déjà réitéré cet objectif du Millénaire en juin 2008. Depuis, le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 850 millions à 1,02 milliard.

Une soixantaine de chefs d'Etat, venus pour la plupart d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine, ont répondu à l'invitation de la FAO dans la capitale italienne, quadrillée par un millier de policiers et carabiniers et bloquée par de gigantesques embouteillages. Parmi eux, le président zimbabwéen Robert Mugabe, frappé par des sanctions de l'UE pour violation des droits de l'homme, et le colonel libyen Mouammar Kadhafi, qui en a profité pour rencontrer dimanche soir une centaine de jeunes italiennes à qui il a conseillé de se "convertir à l'Islam".

Du côté des pays du G8, seule l'Italie était représentée par son chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, qui, au passage, a échappé à la réouverture d'un procès prévue le même jour à Milan et reporté de ce fait au 18 janvier.