L'Italie prend les rênes de l'Europe

Matteo Renzi.
Matteo Renzi. © REUTERS
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avec Virginie Riva, correspondante à Rome , modifié à
EUROPE - Auréolé de ses succès électoraux, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi veut faire valoir ses priorités.

L'INFO. Il est le président du Conseil italien depuis février. Désormais, Matteo Renzi préside aussi l'Europe. L'Italie prend en effet mardi, et pour une durée de six mois, la présidence tournante du Conseil des ministres de l'Union européenne. Le chef du gouvernement italien présentera mercredi ses priorités devant le Parlement européen, à Strasbourg. Avec, en ligne de mire, la sévère lutte contre les déficits imposée sous pression allemande.

L'austérité ou la relance ? Fort de ses succès électoraux - son parti de centre gauche a obtenu 41% des suffrages aux élections européennes - Matteo Renzi a aussi pour lui le calendrier. Son pays prend la présidence de l'Union au moment où l'Europe fait face à un choix politique majeur : la poursuite de l'austérité ou une politique de relance de la croissance. Le président du Conseil italien compte peser de tout son poids pour la seconde option.

"Il faut que ce semestre soit le début d'un nouveau cycle politique qui doit durer cinq ans, qui soit celui de la croissance et des droits fondamentaux", a affirmé Sandro Gozi, sous-secrétaire d’État italien aux affaires européennes, au micro d'Europe 1. "Mais nous voulons le faire avec le même élan et le même courage avec lesquels Matteo Renzi est en train de gouverner l'Italie".

>> Qui est Matteo Renzi ? La réponse de Stefano Montefiori, correspondant du Corriere della Serra à Paris :

"L'Europe aujourd'hui, c'est de l'ennui". Le dirigeant italien n'hésite pas à afficher son ambition de "changer l'Europe". "L'Europe aujourd'hui, c'est de l'ennui", a-t-il lancé la semaine dernière devant les députés italiens. "Elle est submergée de chiffres et privée d'une âme". Pour lui, "il ne suffit pas d'avoir une monnaie, un président ou une source de financement en commun. Soit nous acceptons un destin et des valeurs en commun, soit nous perdons le rôle de l'Europe face à elle-même".

Un axe Rome-Paris face à Berlin. Matteo Renzi pilotera directement les chantiers de la présidence italienne de l'UE. Son gouvernement plaide notamment pour relancer l'idée des "eurobonds", ces instruments de mutualisation des dettes publiques européennes, rapporte le quotidien Les Echos mardi. Un projet auquel l'Allemagne est farouchement opposée. Nouvel homme fort des sociaux-démocrates en Europe, Matteo Renzi pourra compter sur le soutien de François Hollande pour tenir tête à Angela Merkel.

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