L'Irak, le pays de la peine de mort

En 2012, l'Irak a procédé à la mise à mort de 129 condamnés, selon Amnesty International.
En 2012, l'Irak a procédé à la mise à mort de 129 condamnés, selon Amnesty International. © REUTERS
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Il est au 3ème rang des pays où la peine de mort est la plus appliquée, derrière la Chine et l'Iran.

Le rapport. L’abolition de la peine de mort progresse dans le monde. Mais l’Iraq demeure un point noir, selon Amnesty International, qui relève dans un rapport une hausse "alarmante" des exécutions dans le pays en 2012. Avec 129 mises à mort en 2012, l’Irak se classe au troisième rang des pays où la peine de mort est la plus appliquée, juste derrière la Chine et l’Iran.

Jusqu’à 34 exécutions en une seule journée. Le chiffre de 129 est le plus élevé en Irak depuis 2005. En 2011, le pays avait procédé à 68 exécutions. Et pour 2013, les statistiques devraient être encore élevées, puisque l’Irak a déjà exécuté 29 personnes, selon un décompte de l’Agence France-Presse. En 2012, 81 condamnations à mort ont été prononcées, mais "leur nombre réel atteint probablement plusieurs centaines", note Amnesty International, qui précise aussi que les exécutions sont souvent réalisées en série, jusqu’à 34 en une seule journée. Les femmes ne sont pas épargnées : elles sont au moins cinq à avoir été exécutées en 2012.

Tarek Aziz lors d'une conférence de presse à Bagdad en 1998.

© REUTERS

Qui sont les condamnés ?La plupart des condamnés à mort le sont pour des actes liés au terrorisme. Les autres sont condamnés pour des meurtres. L’ONG souligne par ailleurs que la chasse aux anciens partisans du régime de Saddam Hussein n’est pas terminée : le 7 juin 2012, l’ancien secrétaire et garde du corps du dictateur a été pendu. Il avait été condamné en 2010, en même temps que deux anciens ministres, Tarek Aziz et Sadoun Shakir. Comme des centaines d’autres condamnés, ils attendent dans les couloirs de la mort que leur peine, ratifiée par la présidence comme le veut la loi irakienne, soit exécutée. Ce qui peut se faire à tout moment.

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La torture, l'autre arme. Amnesty International dénonce aussi l’utilisation de la torture pour obtenir des aveux, donnant l’exemple de quatre hommes condamnés à mort le 3 décembre 2012. Accusés de faire partie d’un groupe armé et d’avoir participé à des actes de terrorisme, ils auraient été torturés après leur arrestation et détenu au secret pendant des semaines. En avril, leurs "aveux" avaient même été diffusés à la télévision locale. A leur procès, ils ont dénoncé des actes de torture et des examens médicaux ont révélé des traces de brûlure et d’autres blessures. Les autorités n’ont cependant pas jugé utile d’enquêter sur le sujet.