Un homme arrêté pour la mort de sa compagne enceinte : "A-t-on tout fait pour la protéger ?"

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Un homme est en garde à vue après la mort de sa femme, enceinte de trois mois. Sur Europe 1, Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, demande pourquoi ce drame n'a pas pu être évité.
RÉACTION

Un homme soupçonné d'avoir tué sa compagne, enceinte de trois mois, a été placé en garde à vue, ont indiqué mercredi la mairie de Saint-Denis et une source proche de l'enquête. C'est un voisin qui a prévenu les secours après avoir entendu des cris. La jeune femme avait déposé la veille une main courante après des violences conjugales contre son conjoint, âgé de 22 ans. Sur Europe 1 jeudi, Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, interroge : "À-t-on tout fait pour la protéger "?

"Regarder ce qu'il s'est passé, et pas passé"

"C'est une tragédie pour cette femme et pour ses proches. Il faut regarder ce qu'il s'est passé, et pas passé. Elle est venue la veille pour déposer une main courante qui n'a pas déclenché de procédure. Elle a alerté, d'une certaine manière. Est-ce qu'on aurait pas dû l'orienter vers une plainte, qui aurait déclenché une procédure ?", demande la responsable associative. 

"Est-ce qu'on aurait pas dû la mettre en contact avec une association qui aurait pu l'accompagner, appeler le 39 19 pour lui proposer un hébergement en urgence ? Que s'est-il passé ? A-t-on tout fait pour la protéger ?", questionne encore Anne-Cécile Mailfert. Et de conclure : "C'est la question qu'on pose aujourd'hui et qu'on devrait se poser à chaque fois qu'il y a un féminicide".

Déjà 70 féminicides cette année

Avant ce décès, 70 féminicides avaient été dénombrées en 2019 par le Collectif des proches et familles de victimes de féminicides. En 2017, 125 personnes sont mortes victimes de la violence de leur partenaire ou de leur ex-partenaire (contre 138 en 2016 et 136 en 2015), dont 109 femmes et 16 hommes, selon les derniers chiffres communiqués par le gouvernement.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a indiqué au début de la semaine vouloir "généraliser" l'utilisation d'un bracelet électronique permettant de maintenir à distance les ex-conjoints violents pour lutter contre les violences conjugales.

 

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