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Tapis de prière, livres coraniques... France terre d'asile accusée d'avoir fait entrer des objets et documents islamiques au CRA du Mesnil-Amelot

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). [JULIEN DE ROSA / AFP]

L'association d'aide aux exilés France terre d'asile aurait fait entrer dans le CRA du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) des documents islamiques. Les membres auraient également réaménagé une salle de repos en salle de prière. Une enquête administrative a été ouverte.

Les associations de soutien aux migrants et aux clandestins sont-elles aujourd'hui hors la loi ? La question se pose pour certaines d'entre elles, comme France terre d'asile. Cet organisme, qui existe depuis plus de 50 ans et a pour objectif la défense des exilés sur le sol français, est accusé d'avoir usé de son pouvoir au CRA (centre de rétention administrative) du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne.

Des membres sont soupçonnés d'avoir fait entrer des documents et objets religieux à caractère islamique au sein de l'établissement.

Des actions illégales sans l'accord des policiers

L'histoire commence le 2 juin dernier, lorsque des dizaines de tapis de prière, des livres coraniques et des hadiths, ces recueils consacrés à Mahomet, ont été retrouvés dans une salle de pause du CRA. Une salle de repos aménagée, donc, en salle de prière pour les retenus de confession musulmane. Les policiers ont notamment trouvé sur les tables des affiches mentionnant les prêches du vendredi. 

Des documents discrètement introduits dans l'enceinte par des bénévoles de l'association France terre d'asile.

Deux semaines plus tard, ce sont des calendriers indiquant les horaires de prière qui ont été introduits et distribués par ces mêmes membres de l'organisation. Enfin, le 21 juin dernier, des affiches de rappels et de prêches ont été collées sur certains murs du CRA, là encore par des personnes de l'association.

À chaque reprise, ces actes ont eu lieu sans l'accord des fonctionnaires de police du centre de rétention administrative et sont donc illégaux. Pour les policiers, l'association a outrepassé sa mission d’accompagnement juridique et social initialement dédiée. Toujours selon eux, les bénévoles ont contribué à renforcer le communautarisme dans ce CRA. Une enquête administrative visant France terre d’asile est actuellement ouverte.