Enquête ouverte après la mort d'une femme devant les urgences de Lunéville

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La victime a perdu connaissance avant d'arriver aux urgences. (Photo d'illustration)
La victime a perdu connaissance avant d'arriver aux urgences. (Photo d'illustration) © PASCAL PAVANI / AFP
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Cette mère de famille, souffrant de vives douleurs quelques jours après une ablation de la vésicule biliaire, avait alerté le Samu qui n'a pas jugé nécessaire de la prendre en charge, mais lui a conseillé de se rendre à l'hôpital.

Deux enquêtes, judiciaire et administrative, ont été ouvertes pour déterminer les causes de la mort d'une femme morte devant les urgences de l'hôpital de Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, alors que le Samu n'avait pas jugé nécessaire de dépêcher une équipe médicale à son chevet, a annoncé vendredi le parquet de Nancy. "Nous avons ouvert une procédure d'enquête pour recherche des causes de la mort", a indiqué le procureur François Pérain.

Selon le quotidien régional Le Républicain lorrainqui s'appuie sur les témoignages de la famille, cette mère de famille de 56 ans avait subi le 14 mars une ablation de la vésicule biliaire dans une clinique de Lunéville. De retour le jour même à son domicile, elle avait souffert de douleurs intenses, se voyant prescrire à distance des antalgiques avant que ses proches ne finissent par appeler le Samu quatre jours plus tard devant l'intensification des douleurs.

Pas de prise en charge

Toujours selon Le Républicain lorrain, le Samu n'avait pas jugé nécessaire une prise en charge à domicile, lui conseillant de se rendre à l'hôpital - à environ une demi-heure de voiture de chez elle - par ses propres moyens. Conduite par un proche, la femme a perdu connaissance dans la voiture, à quelques kilomètres de l'hôpital où, malgré les tentatives de réanimation, elle est décédée à son arrivée devant les urgences. Sa famille a porté plainte contre X, indique Le Républicain lorrain.

Le parquet de Nancy a précisé vendredi ne pas encore avoir reçu le rapport de l'institut médico-légal de Strasbourg. "Ce n'est qu'une fois le rapport d'expertise médicale déposé que nous pourrons au regard des conclusions ouvrir éventuellement une procédure du chef d'homicide involontaire", a expliqué le procureur, estimant que ce n'était que le début d'une enquête "qui prendra du temps". En parallèle à cette procédure judiciaire, l'Agence régionale de santé (ARS) Grand Est a indiqué vendredi, dans un communiqué, avoir, "dès connaissance de ces faits [...] immédiatement décidé la mise en oeuvre d'une enquête médico-administrative afin de préciser les circonstances et les causes de ce décès".

Fin 2017, une jeune mère de famille de 22 ans, Naomi Musenga, était morte aux urgences de l'hôpital de Strasbourg, après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu, ce qui avait provoqué un tollé quelques mois plus tard quand le contenu de cet appel avait été diffusé. Une information judiciaire pour "non-assistance à personne en péril" et "homicide involontaire" a été ouverte contre X, visant notamment l'assistante de régulation. Devant l'émotion suscitée par cette affaire, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé qu'une formation d'un an serait mise en place pour les assistants de régulation médicale.

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