En moins de trois semaines, cinq casernes de sapeurs-pompiers ont été cambriolées dans le Rhône et en Isère. À chaque fois, du matériel de désincarcération a été dérobé. Le préjudice dépasse les 50.000 euros et les syndicats s'inquiètent d'un possible détournement de ces outils particulièrement puissants.
Une succession de cambriolages qui inquiète. À l'intérieur d'un fourgon stationné dans la caserne, un écarteur et une cisaille, deux outils de désincarcération, ont été dérobés dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août à Bourgoin-Jallieu, en Isère. Selon une source proche du dossier, contactée par Europe 1, quatre autres casernes avaient déjà été ciblées depuis le début du mois d'août : Pusignan, Saint-Bonnet-de-Mure, Vognuré et Fontaines-sur-Saône.
Ce matériel est indispensable aux pompiers, notamment lors des accidents de la route. Les écarteurs et les cisailles permettent de découper ou d'écarter les éléments d'un véhicule pour libérer les victimes coincées à l'intérieur.
Des outils particulièrement puissants
Cette succession de cambriolages inquiétait déjà, à la mi-août, le syndicat SUD. "On a un écarteur, ce sont des grandes pinces, c'est un outil qui pèse une vingtaine de kilos et qui a une batterie. Une fois que c'est pris, c'est totalement autonome", explique Valentin Violet, porte-parole du syndicat dans le Rhône.
Ces outils pourraient notamment être détournés de leur usage initial. "L'action est vraiment d'écarter les matières. [...] Une personne mal intentionnée pourrait très bien s'en servir pour ouvrir une porte de garage, une porte de maison. On peut ouvrir un coffre, écarter des barreaux pour rentrer", alerte le syndicaliste.
Toutes les casernes ne sont d'ailleurs pas équipées de ce matériel spécifique, souligne Valentin Violet. Pour les pompiers, leur disparition peut donc avoir des conséquences directes sur leur capacité à intervenir rapidement lors d'un accident.
Plus de 50.000 euros de préjudice
La répétition de ces vols soulève désormais la question d'un éventuel lien entre les différents cambriolages. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances des faits et identifier leurs auteurs.
Au total, le préjudice dépasse désormais les 50.000 euros pour les cinq casernes cambriolées depuis le début du mois d'août.