Angers : le fugitif mis en examen pour deux meurtres une semaine après son arrestation

Justice
Le détenu en cavale, arrêté près d'Angers il y a une semaine après une vaste chasse à l'homme, a été mis en examen mercredi pour deux meurtres et une tentative de meurtre © LOIC VENANCE / AFP
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avec AFP // Crédits photo : AFP
Eric Bouillard, le procureur de la République d'Angers, a annoncé, ce mercredi 12 juillet, que le fugitif arrêté la semaine dernière près d'Angers a été mis en examen pour deux meurtres et une tentative de meurtre commis après son évasion de la prison d'Argentan.

Le détenu en cavale, arrêté près d'Angers il y a une semaine après une vaste chasse à l'homme, a été mis en examen mercredi pour deux meurtres et une tentative de meurtre commis après son évasion de la prison d'Argentan (Orne). "Il a globalement reconnu les faits reprochés" lors de sa garde à vue, a indiqué à l'AFP le procureur de la République d'Angers Eric Bouillard. Originaire de la Réunion, cet homme de 42 ans, qui avait profité d'une permission de sortie pour s'évader de la prison d'Argentan le 20 juin, est notamment mis en examen pour deux meurtres en récidive et une tentative de meurtre en récidive, a précisé le magistrat.

Strangulation à mains nues

Le 4 juillet, le procureur indiquait qu'il était suspecté d'avoir tué une femme de 40 ans qu'il connaissait, au domicile de celle-ci, à Angers. Il était dans la même prison que l'ex-compagnon de cette victime et elle lui avait par ailleurs rendu visite au parloir. Elle n'était pas sa compagne, avait insisté le procureur, en refusant de parler de féminicide. Selon le magistrat, la victime avait été découverte le 22 juin à son domicile, portant "des traces sur le cou". "Il va être établi qu'elle a subi une strangulation à mains nues qui a entraîné son décès", avait précisé Eric Bouillard.

Présentant un "profil criminologique dangereux", selon l'avis de recherche, ce détenu est également soupçonné d'avoir tué un homme de 72 ans, ancien mécanicien de la commune et conseiller municipal, dont le corps a été découvert début juillet à Chailland (Mayenne). Il aurait volé la voiture du septuagénaire, retrouvée brûlée au nord d'Angers. Le 28 juin, toujours à Chailland, une femme de 26 ans avait été victime d'une tentative de strangulation à son domicile et sauvée grâce à l'intervention d'un tiers.

Vol de nourriture

L'homme est également mis en examen pour "une évasion, divers vols aggravés en récidive et une destruction par incendie de véhicule", a précisé le procureur. "Bien que réincarcéré après son arrestation, il a fait l'objet d'un mandat de dépôt dans cette affaire", a ajouté Eric Bouillard. Après son arrestation musclée dans la banlieue d'Angers, le mis en cause avait été placée en rétention judiciaire dans une procédure de "recherche de fugitif" mise en place par le parquet d'Argentan. Il a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire d'Angers lundi, selon Ouest-France.

Un dispositif mobilisant jusqu'à près de 90 gendarmes avait été déployé pour le retrouver, avec du porte-à-porte pour rassurer la population et la sécurisation de 900 propriétés. La cavale du détenu avait pris fin le 4 juillet peu avant 13h00 dans un immeuble en chantier à Avrillé, près d'Angers. Le dénouement de l'affaire était parti d'un "banal signalement pour un vol de nourriture dans un cabanon de chantier", avait expliqué lors d'une conférence de presse le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) Franck Hemery.

Localisé dans une ancienne école en rénovation

Il avait été localisé dans "une ancienne école en rénovation" où les policiers avaient observé des traces de vie : sac à dos, effets vestimentaires, nourriture. Découvert, l'homme avait pris la fuite en sautant du 3e étage, puis avait été rattrapé par un équipage de policiers au sol. Selon le DDSP de Maine-et-Loire, le fugitif s'était blessé légèrement dans sa chute. L'homme purgeait deux peines au centre de détention d'Argentan : une criminelle prononcée en 2017 de 12 ans pour tentative de meurtre par conjoint ou concubin, et une correctionnelle de trois ans pour des atteintes aux biens aggravées.