Reims : l'angoisse des riverains

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avec Reims, Arthur Helmbacher , modifié à
REPORTAGE - Après l'explosion qui a fait 3 morts, ils mettent en cause la vétusté des logements.

Dimanche, vers 11h20, c'est tout un pan d'un immeuble du quartier Wilson, à Reims, dans la Marne, qui s'est écroulé après une explosion. Le bilan est dramatique : trois personnes ont été tuées, deux femmes et un homme d'une soixantaine d'années, et on dénombre quatorze blessés, dont plusieurs enfants. Lundi, alors que les recherches dans les décombres ont été stoppées, plusieurs voix s'élèvent désormais pour dénoncer la vétusté des logements. Le parquet de Reims devait ouvrir lundi une enquête pour déterminer les causes de l'accident, l'hypothèse privilégiée restant celle d'une explosion provoquée par le gaz de ville selon le préfet de la Marne.

>> Europe 1 a pu se rendre sur les lieux du drame et a pu recueillir les témoignages des habitants entre inquiétude et indignation.

Des riverains impuissants. Alors qu'une camionnette grise quitte le périmètre de sécurité, dimanche après midi, une femme esquisse un signe de croix : dans le quartier Wilson, où l'immeuble s'est effondré dans la matinée, on vient d'apprendre qu'une troisième personne est morte. Mehdi se tient juste à côté, sur le terrain de foot du quartier. Les yeux encore exorbités, il raconte son impuissance lorsqu'il a vu cinq étages, dix appartements, partir en fumée. "J'ai vu quelqu'un qui avait des gravats sur lui et qui criait pour qu'on l'aide", raconte-t-il au micro d'Europe 1. "Il nous disait : 'venez m'aider ! N'attendez pas les secours !' mais il était au premier étage et il y avait donc trois sur lui. On ne pouvait rien faire pour  lui", regrette-il.

"Je ne veux plus vivre dans cet appartement". "Quand nous sommes sortis, il y avait un monsieur... Le pauvre monsieur, je crois qu'il est décédé dans sa baignoire", raconte Sandy, qui habite un autre immeuble du quartier. "Il demandait de l'aide mais malheureusement, personne ne pouvait monter sinon tout ce serait écroulé", précise-t-elle, encore sous le choc.

"Ces appartements, c'est de la paille" :

 Reims : "ces appartements, c'est de la paille" par Europe1fr

"Maintenant, est-ce qu'il ne peut pas nous arriver la même chose à nous aussi, si on rentre chez nous", s'interroge cette mère de famille. "Est-ce qu'avec les vibrations qu'il y a eu autour, si je ferme ma porte, est-ce que le bâtiment ne va pas s'écrouler ? Je ne sais pas", ajoute-t-elle.  Pour Sandy, les logements du quartier Wilson, "c'est de la paille".  "Pour mon bien et celui de mes enfants, je pense qu'il vaut mieux partir d'ici aujourd'hui. Je ne veux plus vivre dans cet appartement", assure-t-elle.

Le bailleur social en question. Au début du mois, une autre explosion d'immeuble a fait quatre morts, tous d'une même famille, à Witry-les-Reims, dans la Marne. Deux drames qui auraient deux points communs. L'origine d'une part, qui serait liée à une explosion au gaz, et le bailleur social, le Foyer Rémois. Un organisme aujourd'hui mis en cause par de nombreux habitants, comme Brian, qui confie son indignation au micro d'Europe 1. "Cela fait dix ans qu'on leur dit que les bâtiments sont pourris'", explique cet habitant du quartier Wilson. "Une semaine sur deux, il n'y a pas d'eau chaude ni de chauffage. Ils ont refait l'extérieur des bâtiments avec un espace par vert, mais à l'intérieur c'est toujours pourris", assure-t-il encore.

reims, immeuble effondré

La mairie soutient l'office HLM.  Le patron du Foyer Rémois est venu s'expliquer dimanche auprès des journalistes. Il bénéficie du soutien de la  maire de Reims, Adeline Hazan (PS). "Les habitants sont évidemment très émus. C'est bien normal et je comprends leur douleur", confie l'édile au micro d'Europe 1. "Cet immeuble ne faisait l'objet d'aucune difficulté et rien n'a été signalé comme étant vétuste", assure-t-elle.  

Dans la nuit de dimanche à lundi, quelques 300 habitants de la barre HLM et de deux immeubles  proches et du même type ont été évacués pour raisons de sécurité. Beaucoup de ces habitants ont peur à l'idée d'y retourner.