Trump veut remettre en cause le droit du sol

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Donald Trump veut abolir le droit du sol. Les étrangers nés aux États-Unis n’auraient plus automatiquement droit à la nationalité américaine.

Donald Trump est en campagne. Il profite à fond de la caravane des migrants, ils sont 7.000, ils remontent du Honduras, ils bivouaquent maintenant au Mexique et marchent vers la frontière américaine.
Cette odyssée des Honduriens fait un feuilleton. Il a imposé l’immigration comme un thème central de la campagne électorale.

N’ayant pas de mur à leur opposer, (pas encore, toujours pas), Donald Trump a envoyé sur place la garde nationale. Lundi, 5.000 soldats en renfort pour repousser les envahisseurs. Comme la caravane arrive à pied et à pas lents, les militaires campent face au désert des Tartares…
Le président a donc renchéri. La riposte fatale. À même de toucher le cœur du peuple républicain. Une révolution conservatrice, une vraie. Remplacer le droit du sol par le droit du sang. Simple comme l’œuf de Colomb !

Mais c’est dans la constitution américaine !

C’est vrai, l’article 14, dit que toute personne née aux États-Unis est citoyen des États-Unis.
Le bébé qui débarque dans un couple d’étudiants en Erasmus est un petit yankee et il le restera à vie, même s’il rentre bien vite en Europe.
Mais l’article 14 est tarabiscoté, il parle de « personne soumise à la juridiction afférente »…
On peut considérer que cela concerne les seuls résidents étrangers "soumis à la juridiction afférente". Ceux qui ont une carte verte.
Pas les enfants de migrants illégaux, clandestins, pas les bébés sans papiers.
C’est la lecture de Donald Trump.
Et selon lui, un décret suffira à changer la jurisprudence qui accorde la nationalité à plus de 300.000 nouveaux nés chaque année.

Son intention est claire : empêcher l’immigration latino de faire souche. Mettre fin à la transition démographique qui a déjà fait des États-Unis le premier pays hispanophone au monde. Donner à l’Amérique des wasp, blanche, anglosaxonne et protestante les moyens de rester maitresse chez elle.
Donald Trump est bien décidé à changer l’Amérique en profondeur. Et à gagner les élections de la semaine prochaine.