Syrie : les premières élections municipales depuis la révolution ont eu lieu ce dimanche

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h30
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les Syriens ont voté hier ! Les premières élections municipales depuis la révolution, il y a sept ans.

Sept ans de malheur et le canard est toujours vivant. Et même, il se pavane. Organiser dans la Ghouta Orientale, à Deir Ezzor, à Alep, dans les villes reconquises, ces élections municipales, quelle revanche pour Bachar El Assad. On se fiche du résultat, il est souvent connu d’avance. On est au Moyen Orient. Mais ces élections, c’est la propagande par l’action. C’est dire, après la victoire militaire, la victoire politique. C’est prétendre gagner la paix après avoir gagné la guerre. 

Et donc, ce dimanche 6.500 bureaux de vote, 18.000 sièges à pourvoir, 40.000 candidats. Évidemment, la plupart sont membres du Baas, le parti au pouvoir,  on est en Syrie. Mais pas tous, il y avait aussi des indépendants, des membres de l’opposition légale, des représentants des minorités, des sortants qui sortent des abris. Et ces municipales sont d’ailleurs bien plus importantes que la comédie des législatives ou de la présidentielle que le régime a déjà mises en scène, car les élus auront du pouvoir. Il y en a à travailler à la mairie d’une ville quand la ville est à reconstruire. Et ils s’occuperont aussi du retour des civils. Ce sont des maires qui ont organisé le rapatriement de 3.000 réfugiés du Liban.

Il n’y a pas eu d’élections à Idlib ce dimanche !

Au contraire, il y a eu vendredi de grandes manifs contre le régime. Autre propagande par l’image. Des dizaines de milliers de gens qui sortent de la mosquée et dénoncent le tyran, comme au début de la révolution.

Comme s’il ne s’était rien passé. Comme si c’était le printemps. Comme si la bataille finale n’était pas à la porte. Comme si les furieux d’Al Qaida ne régnaient pas sur Idlib. 

Le droit de manifester dans l’émirat d’Al Qaida vaut largement le droit de vote chez Bachar El Assad.

Ce lundi matin, Recep Tayip Erdogan a rendez-vous avec Vladimir Poutine. Ils vont régler entre eux le sort de la province. Décider ce qui reviendra sous contrôle de Damas et ce qui restera sous la protection des Turcs.