Salomé Zourabichvili : une Française présidente de la Géorgie

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Un nouveau président élu en Géorgie et c’est une Française. Elle s’appelle Salomé Zourabitchvili.

Depuis l’empire, c’est rare qu’un Français dirige un autre pays que la France.

Nos ministres sont invendables à l’export. Même en solde, par exemple dans les agences de l’Onu. La diplomatie française n’a jamais réussi à y recaser Ségolène Royal ou Bernard Kouchner.

Alors, ne parlons pas de se faire élire au suffrage universel ! Surtout une femme dans un pays à moitié oriental et tout à fait machiste. Triple bravo donc à Salomé Zourabichvili, mère et grand-mère, ancienne élève de l’ENA, fonctionnaire de catégorie A, 30 ans au Quai d’Orsay qui a remporté hier à presque 60% la Présidentielle en Géorgie. C’est le pays de ses aïeux chassés par les Bolchéviques, quelle revanche éclatante !

Sa victoire nous change de tous les binationaux qui veulent faire profiter leur patrie d’origine du génie français et qui échouent lamentablement. C’est humiliant que les Togolais n’aient pas plébiscité Kofi Yamgnane que les Bretons avaient pourtant adopté. Que les Béninois aient renvoyé à ses chères études Lionel Zinsou que Terra Nova a recueilli. Ou que Manuel Valls soit à la peine à Barcelone. 

Ce matin, nous sommes tous un peu Géorgiens !

Quel est le programme de la nouvelle Présidente ?

La présidente Zourabitchivili ne va pas se prendre pour Junon, l’épouse de Jupiter. C’est un poste honorifique dans un régime parlementaire.

Exactement le contraire de Bidzina Ivanichvilli, l’oligarque qui règne sur le pays sans avoir aucun poste officiel, l’homme qui a choisi la députée et l’a fait élire présidente.

Salomé Zourabitchvili est une femme de caractère,  pas le genre à seulement inaugurer les chrysanthèmes. Son ambition est d’arrimer la Géorgie en Europe. Avec la Russie, elle dit qu’il faut être plus intelligent que l’ennemi, qu’un petit pays doit résister aux provocations.

Ce réalisme montre que la député Zourabichvili n’a pas toujours été une politicienne.

C’est d’ailleurs ce que lui reproche ses opposants. Ils sont pro-américains, plus encore que les électeurs de Donald Trump. 30 ans passés au quai d’Orsay ne seront pas superflus pour les désarmer.