Pacte de Marrakech : entre construction et déconstruction

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Le Pacte de l’ONU sur les migrations mobilise les "gilets jaunes". La France doit le signer lundi à Marrakech et ça les met en colère !

Il provoque une sacrée bronca sur les réseaux sociaux. Mais aussi dans la rue aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique. Et dans les gouvernements en Belgique cette semaine, en Suisse, en Slovaquie. 

C’est rarissime qu’un texte onusien réveille les foules, en général ils endorment même les diplomates !

"Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières" fait 25 pages, il a été validé par l’Assemblée générale en juillet. Il sera signé par les Etats lundi et mardi. Et avant Noël, une résolution !  

Vite fait, parfait.

Quand on le lit, on croit un catalogue de vœux pieux. Des grands principes (droits de l’Homme et, en même temps, souveraineté nationale), avec une vingtaine "d’objectifs de coopération".

Par exemple, le texte affirme qu’il "faut assurer l’accès des migrants aux services de base". Ça paraît banal. Sauf que l’ONU ne fait aucune différence entre migrants réguliers ou illégaux. Les États-Unis ont claqué la porte comme ils la claquent au nez des clandestins au Mexique. Et avec les Américains, Israël, un tiers des pays de l’Union européenne ou l’Australie, autant de démocraties qui distinguent les sans-papiers et ceux qui ont des visas.

Mais le Pacte n’impose rien !

Il n’est pas contraignant, c’est vrai. "Pas encore", disent les politiques de droite et les nationalistes qui le critiquent. Il crée, il reconnaît un droit à la migration et la jurisprudence suivra.

Au fond, l’ONU dénombre 258 millions de migrants dans le monde et dit, tant mieux, s’il y en a de plus en plus. C’est un moteur de croissance.

Pour une partie des gilets jaunes, c’est un chiffon rouge ! Ils ne partagent pas cet optimisme face à la mondialisation. Au contraire ! Ils s’attendent à être sacrifiés. À être trahis par les élites. Ils ont leur mot à dire sur leur avenir.

Hier encore, ils voulaient seulement verser de l’essence dans le réservoir. Ils veulent désormais  renverser le sens de l’histoire.