Mobilisation des "gilets jaunes" : quel est l'impact diplomatique du mouvement à l’étranger ?

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

La presse internationale très impressionnée par la violence des débordements samedi à Paris.

Paris, reine du monde sur toutes les chaînes d’info et à la Une de tous les sites européens. "Gilet jaune", c’est facile à traduire, c’est une révolution de couleur.

Les gilets sont phosphorescents et photogéniques.

Depuis 1968, les pavés qui volent font un cliché. L’enragé face au CRS sur fond de barricades en feu, c’est de l’art pompier !

Autre académisme, le peuple rebelle, les coupeurs de têtes, toujours prêts à tuer le père, mais aussi la reine et à incendier les Tuileries. Le pays du luxe qui s’attaque soudain aux voitures de luxe, aux boutiques de luxe. D’où le vocabulaire qui dramatise, "scènes de guérilla urbaine", "climat d’insurrection",  "zone de guerre" des confrères étrangers, alors qu’ils n’ont pas vu une flaque de sang, ni une arme à feu, qu’ils ont travaillé tranquillement, sans même une coupure de courant.

On n’est pas à Mossoul. On est à Paris.

Mais justement, 30 millions de touristes y passent chaque année. Et tous identifient l’Arc de Triomphe. Ce n’est pas Notre Dame des Landes. Même dans le smog des lacrymogènes, même sous les tags, c’est la France, cette porte glorieuse qui ouvre sur le vide, cette tombe en haut des Champs-Élysées.

Die Welt parle "d’escalade", Le Corriéré della serra se demande "Paris brûle-t-il ?".

 

Mais comment est-ce qu’ils expliquent cette violence ?

Plus ils en causent, moins ils en disent.

La contre-offensive des manifestants qui obligent les CRS à se replier a été vue dans le monde entier.

Mais quand le Washington Post explique que les Français se retournent contre leur Président au bout d’un an de mandat, on comprend que le rédacteur commente encore les élections de midterm.

Quand la presse canadienne avance que les élites urbaines veulent imposer leur utopie aux déclassés du monde rural, le message s’adresse à Justin Trudeau. Fox News parle des gilets jaunes comme si c’était les casquettes rouges qui ont élu Donald Trump. 

À Clichy sous-bois, en 2005, à Villiers-le-Bel en 2007,  la presse étrangère notamment anglo-saxonne avait fait aussitôt le procès en règle de l’intégration à la française.

La fracture ethnique, c’était plus simple que la fracture sociale.