L’hystérie de la campagne américaine emporte le morceau

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Aux États-Unis, le FBI enquête sur les lettres piégées envoyées à des adversaires de Donald Trump. L’affaire électrise la campagne des midterms.

Heureusement, aucune de ces lettres n’a blessé son destinataire. Cela ne risquait pas. Hillary Clinton au bureau ouvrant elle-même son courrier, c’est aussi improbable qu’Hillary Clinton écrivant elle-même ses livres.
Idem pour Barack Obama ou de l’ancien vice-Président Joe Biden que les agents du secret service protègent des jaloux et des rancuniers.
L’alerte donnée, il n’y avait plus grand risque pour les anciens ministres, la vraie star (Robert de Niro) et celles de CNN et du Congrès.
Ce sont des victimes virtuelles. Qui porteront cet honneur à la boutonnière, comme d’anciens combattants de l’anti-trumpisme. Cela fera des jaloux. Pourquoi lui ? Pourquoi pas moi ? En Europe, si toutes les vedettes qui combattent héroïquement Donald Trump recevaient du courrier piégé, la Poste serait débordée.
Bref, on ne sait pas qui est l’auteur de ces lettres anonymes, sans doute un timbré. On se demande quelle est la vraie cible, quel est le piège de ces lettres piégées. C’est un complot dans un pays de complotistes.
Et toute cette confusion, en pleine campagne électorale, avec des sondages incertains, alors que la revanche semble se dérober pour les Démocrates qui l’attendent depuis deux ans.

Donald Trump lui-même a réagi de manière contradictoire.

Parfois, Donald Trump fait des phrases de Président. Avant-hier, il a rappelé qu’il y a un moyen pacifique de régler les désaccords, voter. La leçon d’instruction civique du Président Trump, un modèle du genre.
Mais hier, le Donald a rappliqué. Celui qui tweete à potron-minet. Qui a le réveil belliqueux. Il dénonce les grands médias qui sèment la haine et la colère.
Ce n’est plus le père de la Nation, mais le diviseur en chef. Le bagarreur qui désigne l’ennemi. Il y a bien deux visions de l’Amérique et une guerre culturelle qui porte sur tous les sujets de société. Donald Trump applique sa tactique préférée. Il choisit le terrain de la confrontation et force l’opinion à prendre position. Tout le reste est de la poudre aux yeux.