Le président sud-coréen en Corée du Nord : Moon accueilli et fêté comme s’il apportait la paix

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Le regard international est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, Vincent Hervouët traite d’un sujet international.

Le président sud-Coréen en Corée du Nord, accueilli et fêté comme s’il apportait la paix et la prospérité… Les images sont saisissantes.

Le président Moon a connu un triomphe romain, traversant Pyongyang comme on remonte les Champs-Élysées, avec des avenues taillées si larges que pourraient y manœuvrer à l’aise des lance-missiles thermonucléaires. Et alignées depuis l’aube, des milliers de figurantes en tenue traditionnelle aux couleurs acidulées qui agitent de grandes bouquets de fleurs en papier, qui chantent le même refrain ("Réunification !"), qui ovationnent le Président Moon…

Il a vécu un rêve éveillé. Il a salué de la main sans avoir de crampes, il avait l’air heureux. À ses côtés, Kim Jong Un caparaçonné dans son gilet pare-balles, la silhouette d’un scaphandrier et l’air toujours un peu lunaire, saluait aussi. C’est son métier de se faire aduler par la foule. Tyran, fils de tyran, petit-fils de tyran. Des professionnels.

Mettre en scène les masses populaires est une spécialité locale. L’autre est de laisser croire aux étrangers de passage ce qu’ils ont envie de croire. Le Président Moon a très envie de croire que la réunification est à portée de la main. Comme Donald Trump avait très envie de croire à la dénucléarisation. 

Les Nord-Coréens ont donné des gages.

Ils ont fermé le pas de tir nucléaire de Pungyé-ri, qui était lézardé. Mais plus discrètement, ils ont engagé de grands travaux sur le site de YongByon.

Les experts de l’ONU concluent que la Corée continue son programme, qu’elle ne démantèle rien.  

Il y a un an, Donald Trump menaçait "Rocket Man" du feu et de la fureur.

Il y a trois mois, à Singapour, l’Américain a cru obtenir un deal historique. Kim lui a promis la dénucléarisation. C’était un marché de dupes. Arrivé les poings fermés, Donald Trump est reparti les mains vides.

Kim Jong Un, lui, a rompu son isolement. Lundi, au Conseil de sécurité, l’ambassadrice américaine a fait une scène aux Russes qui ont accueilli 10.000 travailleurs coréens, 200 sociétés écrans, qui font du troc en haute mer, pétrole contre charbon. Les Chinois ne sont pas en reste. Et le président Moon a emmené à Pyongyang les grands patrons sud-coréens.Europ