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Alors que la situation au Royaume Uni semble de plus en plus compliquée, le Premier ministre Boris Johnson multiplie les échecs et a été une nouvelle fois désavoué par son Parlement.

La Chambre des Communes c’est la Mecque de la vie parlementaire. On enlève son chapeau, on écoute, respect… Le Brexit en a fait un souk !

Au cours des dernières 36 heures, Boris Johnson a été désavoué trois fois. Pour lui infliger cette déroute, ils s’y sont tous mis. Les travaillistes qui préparent les élections, les Lib Dem qui refusent le Brexit, des ultras qui l’exigent, les frondeurs du Parti conservateur qui dénoncent les méthodes de hussard, les prudents qui réclament des garanties. Ils ne sont d’accord sur rien sauf refuser de signer un chèque en blanc à Bojo qui paie sa désinvolture. 

Sans oublier Bruxelles qui ne rate aucune occasion d’affaiblir l’ennemi. Dimanche, Michel Barnier exclut de renégocier. Pas de plan B, le Royaume Uni doit capituler. Lundi, la Commission prétend n’avoir reçu aucune proposition concrète, donnant ainsi du crédit à ceux qui soupçonnent Boris Johnson de faire semblant de négocier. Mardi, les mêmes, avec un air désolé prétendent que l’agenda est intenable, apportant ainsi de l’eau au moulin des opposants qui refusent le divorce à la Toussaint. Mercredi enfin, la Commission insiste, le filet de sécurité qui enferme les Anglais dans l’union douanière est "la seule solution". Alors que c’est le vrai problème.

Résultat : Boris Johnson est en loques. Teresa May a mis trois ans, lui six semaines. Les parlementaires ont pris le gout du sang. L’anarchie réjouit les chaines d’info. On rit d’un ministre qui se vautre sur les banquettes, on entend Bojo qui jure, on voit le député qui change de camp en direct, c’est plein de rebondissements minuscules.

On se croirait à la Comédie mais la fatalité est à l’œuvre depuis le référendum : c’est une tragédie. Le Royaume est désuni, l’Europe est détestable. Ce divorce est comme une bombe à fragmentation.