La marche hondurienne

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h30
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

La caravane des migrants qui est partie du Honduras et qui marche vers la frontière américaine provoque la colère de Donald Trump.

Donald Trump rit peu, sourit peu, en revanche, il aime bien mettre en scène sa colère. C’est le numéro viril qu’il préfère, le ton indigné et le regard furibard. Depuis que cette colonne des migrants a quitté la ville hondurienne de San Pedro Sola, capitale mondiale du crime, 20 homicides par jour, Donald Trump est à son affaire.
Les points d’exclamation se bousculent dans ses tweets, il prend à témoin les Américains, il met en garde les voisins.
Les gros yeux, la grosse voix, le gros bâton. Hier en représailles, Washington a réduit les aides au Honduras, au Salvador et au Guatemala. Action, réaction ! Ça leur apprendra à fermer leurs frontières.
Évidemment, la colère trumpiene est feinte. On sent la jubilation du Donald. Quelle chance, au plus fort de la campagne des mid term que ce défi qu’il peut relever sans risques.
La caravane des Honduriens bivouaque au Mexique, mais il leur reste 3 000 kilomètres jusqu’au Rio Grande. C’est loin l’Amérique, surtout à pied !

Le scrutin sera passé quand ils arriveront à la frontière.

Il n’est pas dit qu’ils y arrivent. Il y a six mois, une première caravane s’est dissoute à Mexico. Le Mexique est désormais la terre promise des migrants, chassés par la violence et la misère…
Mais sans attendre, Donald Trump mobilise la garde nationale et même l’armée dans une surenchère martiale.
Le trumpisme, c’est le refus du fatalisme. Cette nuit en meeting au Texas, il s’est revendiqué nationaliste. Le contraire du laisser-faire, laisser passer. La lutte contre l’immigration a un double mérite. Elle sonne le réveil de la nation qui plait aux classes moyennes. Elle défie la morale du politiquement correct que répand le clergé médiatique.
C’est d’ailleurs un journaliste, ancien député hondurien qui a lancé cette caravane. Bartolo Fuentès est d’extrême gauche mais c’est le meilleur agent électoral des Républicains. Il mériterait une carte verte.