La bataille navale russo-ukrainienne s'intensifie : le Président Porochenko évoque la menace d’une guerre totale avec la Russie

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Haute tension en Ukraine. Le Président Porochenko évoque la menace d’une guerre totale avec la Russie, après l’affrontement avec la marine russe.

Il y a des incidents de frontières qui débouchent sur la guerre. Pas en Ukraine, pour deux raisons. La première, c’est que la guerre y dure depuis déjà cinq ans. C’est une guerre de basse intensité. Cela veut dire que dans la hiérarchie de l’actualité, elle est tout en bas. Il y a des morts mais peu et on en parle tout bas. 

L’autre raison, c’est que l’Ukraine elle-même est une frontière. Entre les Russophones et les Europhiles, entre l’Otan et le Kremlin, entre le patriarcat de Constantinople et celui de Moscou, entre toutes sortes de clans qui se disputent le contrôle de territoires. La guerre d’Ukraine, c’est la somme de tous ces incidents de frontières.

 

Mais cette bataille navale, c’est la première confrontation directe entre militaires russes et Ukrainiens ! 

L’affrontement a eu lieu dans le détroit où la Mer noire devient la mer d’Azov. Depuis que les Russes ont annexé la Crimée, ils contrôlent les deux rives du passage. Il faut leur demander l’autorisation de passer. Ils traînent les pieds. En plus, ils ont construit un pont. C’est le plus long d’Europe, le plus bas aussi. Les gros cargos ukrainiens, les Panoramax, ne passent pas dessous. Ce pont est un mur. Il enferme la mer d’Azov et ses ports ukrainiens. 

Dimanche, la marine ukrainienne a tenté le passage en force. Les Russes ont écrasé les provocateurs, arraisonnant les trois bateaux, incarcérant les marins. Ils parlent de violation de frontière, avec un culot quasi soviétique. Tout cela est bon pour Vladimir Poutine qui a dévissé dans les sondages bien pire qu’Emmanuel Macron, depuis qu’il a réformé les retraites. Il ira demain au G20 avec un bonnet et son pompon rouge. 

À Kiev, le président Porochenko a fait voter la loi martiale.

Lui aussi prend une posture virile à quelques mois d’une élection présidentielle, qui est désespérée tellement son bilan est nul et la corruption générale. L’ONU s’inquiète, l’Amérique menace, l’Europe gémit. C’est un jeu de rôles.

Il y a des incidents de frontières, mais c’est une guerre de propagande que se livrent les deux camps, prêts à tout pour discréditer l’ennemi. Cela doit rendre prudent. Mais pas forcément inquiet.