Immigration et Brexit au Sommet de Salzbourg : les dirigeants européens font du surplace !

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L'édito international est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les dirigeants européens en sommet à Salzbourg depuis ce mercredi. Avec deux casse-têtes au menu, Brexit et migrants.

Et une seule réponse : "faut qu’on se revoie !". Le conseil Européen est comme les hallebardiers sur la scène du Châtelet, ils chantent "marchons !" mais en restant sur place. L’immigration provoque des révoltes électorales qui bousculent les majorités, en Scandinavie, en Europe centrale, dans les pays alpins. La question a fait basculer les plus importants. Outre-Manche, les Brexiters voulaient d’abord retrouver la maitrise de leurs frontières. Chaque anglais est une ile et l’Angleterre entend le rester. Outre-Rhin, les Allemands gardent rancune à Angela Merkel de ses bras ouverts, trois ans après, elle est en loques. Les Italiens enfin, avec leurs 700 000 demandeurs d’asile ont fini par s’abandonner à la Ligue et aux 5 étoiles. Grande-Bretagne, Allemagne, Italie : les trois poids lourds du continent.

Et pourtant, quand le conseil européen se réunit, il ne se passe rien.

Au dernier conseil, en juin, Emmanuel Macron annonçait : "L’Europe s’est décidée, même si ça prend du temps". Trois mois après, premier bilan : néant ! Tout devait se faire sur la base du volontariat et il n’y a pas de volontaire. Les "centres contrôlés" pour faire le tri entre les réfugiés et les migrants économiques, personne n’en veut chez soi. Les "plates-formes de débarquement" en amont. Pareil. Il n’y a qu’au Sahel que cela existe mais depuis 20 ans. Le renvoi des déboutés du droit d’asile, pareil, un vœu pieu. En France, 98% disparaissent dans la nature. La semaine dernière, la Commission a avancé une autre idée, renforcer Frontex. La Commission voudrait 10.000 hommes pour garder les frontières extérieures.  La Hongrie refuse, elle gardera elle-même ses barbelés.

L’Espagne, l’Italie, la Grèce aussi. Ils préfèrent que les migrants en route traversent discrètement plutôt que d’avoir à les prendre en charge. Ainsi va l’Europe, où tout le monde parle, personne n’écoute. Chacun décide, nul ne fait rien.

Et où tous se retrouvent pour dénoncer les voisins.