Élection de François Legault au Québec : la question de l’immigration, une nouvelle passion politique au Québec

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

On revient sur le coup de théâtre au Québec avec la victoire électorale d’une droite inattendue.

Si vous croyez que l’argent mène le monde, que l’électeur vote pour son pouvoir d’achat, il faut regarder ce qui se passe au Québec. Voilà un pays en excédent budgétaire, le chômage est au plus bas, tous les

clignotants au vert et les habitants viennent de sortir les sortants.

C’est un coup de théâtre et c’est un coup de pied au derrière des deux grands partis qui alternent depuis cinquante ans au pouvoir. Les libéraux de Justin Trudeau, et les indépendantistes du Parti québécois, nouvelles victimes du dégagisme.

La Coalition Avenir Québec, un nouveau parti rafle 60% des sièges. Ce n’était pas prévu. Le politiquement correct a dissuadé l’électeur de livrer le fond de son cœur aux sondeurs qui se sont plantés une fois de plus.

Celui qui triomphe s’appelle François Legault. Il est riche. Ce n’est pas Donald Trump, mais les bien-pensants le regardent lui aussi de travers. Il est coléreux, il plaît aux mâles blancs, aux cols bleus, aux ruraux, et aux producteurs de lait sacrifiés par le nouvel accord commercial avec les Américains.

François Legault militait jadis pour l’indépendance du Québec. Ce qui l’obsède désormais, c’est la survie du Québec. C’est l’identité québécoise, la francophonie, qu’il croit menacée. Notamment par l’immigration et le communautarisme. Il veut réduire de 20% le nombre des immigrants et imposer leur intégration.

L’une des mesures qui a électrisé les cafés du commerce et les plateaux de télé, c’est l’expulsion des nouveaux venus qui au bout de trois ans échoueraient à un test de langue française et à un questionnaire sur les valeurs québécoises.

Des idées qui vont à l’encontre de l’évolution du Canada.

Justin Trudeau prétend que le Canada est le meilleur pays au monde sur le plan moral ! Ce n’est plus une nation, mais une église. Le laboratoire géant de tous les communautarismes.

L’élection au Québec, c’est le réel qui se rebelle. Les Québécois voudraient s’évader du paradis artificiel. Une cavale à suivre, ça va être intéressant.